Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS - HENRI CACHAU

Publié par Le Capital des Mots sur 15 Avril 2018, 10:29am

Catégories : #poèmes

 

De l’aimantation

 

 

Centrifuge ou bien centripète

L’attraction ou la répulsion

Ce n’est pas constamment la fête

S’agissant de l’animation…

 

Des choses et plus avant des êtres

Chacun comptant pour s’attirer

Sur leur voix ou sur leur paraître

Pour mieux s’emberlificoter…

 

On le sait ce jeu d’attirance

S’il a parfois de bons côtés

Non dénué de malfaisance

Il commande de fricoter…

 

Avec ce peuple du zodiaque

Dont nous jalousons les amours

Contre-nature ou bien fantasques

Électrisant nos vieux parcours…

 

Centripète ou bien centrifuge

Faut-il maintenir la question

Sachant que l’ultime refuge

Se situe hors constellations…

 

***

 

 

L’intermittence

 

 

Oui les choses du cœur ont leur intermittence

A l’instar des organes essentiels à la vie

Elles naissent s’élèvent et périclitent aussi

Les êtres humains menant à la déshérence…

 

Puis qu’assujettis à leurs élans à leurs peines

Ainsi qu’aux pouls filants irréguliers ou non

Suffisant un rappel de silhouettes ou prénoms

Pour volontairement les soumettre à leurs chaînes…

 

Parlons-nous de ruse de friabilité

Le dénoncent l’état de nos extras-systoles

Soulignant l’inconstant de nos vaines paroles

Mais surtout mon amour de nos fidélités…

 

Mais en va-t-il seulement de cardiologie

Nos sens hélas requièrent d’autres battements

Dont les plaisirs en seront ces émoluments

Que nous extorquerons de nos égologies…

 

Est-ce notre faute si nous sommes cyniques

Ne tenons compte que de nos emballements

Des vacances possibles et autres foudroiements

Qui livrés aux mots peuvent se mettre en musique…

 

***

 

 

Métempsychose

 

 

Ni l’amour ni la mort ne remettrai en cause

Ils s’accordent de nos années de nos saisons

Mais pour autant rejoignent-ils de nos raisons

Leur franche volonté de bien nommer ces choses…

 

Qui par delà leur naturel leur quotidien

Nous intiment de manier avec sagesse

Sachant que de leurs dons leurs insignes largesses

Ici-bas l’usufruit jamais nous appartient…

 

Qu’à chacun il nous faut mieux les utiliser

Leur vrai partage plutôt que leur rétention

Nous permettant sans vaine délibération

De les rendre accessibles ou les fertiliser…

 

Mais nous en mésusons alors que le crédit

Court sur d’autres champs ou souvent l’artificiel

En occulte les mânes en obscurcit ce ciel

Où sont placés nos billes et nos maravédis…

 

Nous n’avons pas le droit de les remettre en cause

Ni la mort ni l’amour ne nous sont définis

En changerions-nous leurs cours que le discrédit

Aussitôt modifierait nos métempsychoses…

 

 

***

 

 

 

 

Bagage

 

 

Nous n’aimons que nos vieux rêves

Faut-il donc les abandonner

Ou leur trouver une autre grève

Pour les pouvoir coordonner…

 

Les rassembler dans un bagage

Pêle-mêle les entasser

Demain au cours du long voyage

Mal nous saurions nous en passer…

 

Accordez-nous juste une trêve

Ou bien un gage à la rigueur

Tirer les rois gagner la fève

Nous impliquant d’autres vigueurs…

 

Que celles nous faisant défaut

Sur le moment de défaillir

Qu’au jour ou plus rien ne nous chaut

Nous aimerions voir tressaillir…

 

Car nous souffrons des mêmes maux

Rages de dents et désamours

Mal renouant le mot à mot

Lorsque l’écrit vient au secours…

 

Sainte Marie pleine de grâces

Interpellez notre sauveur

Qu’il nous évite un face à face

Avec la camarde au grand cœur…

 

***

 

Témérités

 

 

Ce sont bien nos témérités

De blancs-becs ou de grandes gueules

Qui assurent nos probités

Où le digne se mêle au veule

Nous permettant en société

D’y briller à condition seule

Qu’au pacte léonin signé

Ne s’y substitue le bégueule…

 

L’illusion ne dure qu’un temps

Celui de faire des promesses

Bien que sachant le contretemps

Réduire sans délicatesse

Tous nos projets tous nos élans

Qu’imitant de jeunes professes

Nous exprimions au nouvel an

Sans penser à la morbidesse…

 

De nos actes nous prévalant

Peur crédible cet inconfort

Jour après jour plus malséant

Se jouant de nos vains transports

De nos volontés de céans

Maîtriser l’arroi nos efforts

Lorsque l’appareil déclinant

Soudain nous pensons à la mort…

 

Ce sont bien nos témérités

Qui nous incitent à la gloriole

A faire fi des amitiés

A dilapider le pactole

Sans tenir compte des années

Ne nous accordant plus de rôle

Sinon d’humbles succédanés

Dont nous agace le frivole…

 

***

Jeux

 

Si l’habit ne fait pas le moine

Encore moins les scénarios

Qui fréquemment à contrario

Viennent puiser au patrimoine…

 

Ainsi traversons-nous la scène

Sans nous poser trop de questions

Soit comédiens soit histrions

Selon les rôles qu’on y mène…

 

Si le spectacle continue

Est-il vraiment jamais gratuit

Puisque abusant de l’usufruit

D’escamoteurs qu’ils ont mis nus…

 

Lequel des Molière ou Shakespeare

De nos feintises s’accordant

Sur des tréteaux retentissants

Rusé nous conduisit au pire…

 

Car nous aimons ces jeux si drôles

Où tour à tour entreprenants

Nous donnons cour à l’inconstant

Déjà rêvant du Capitole…

 

 

***

 

Sourires

 

 

Le sait-on à qui sont destinés

Ces sourires

Esquissés depuis un pas-de-porte

Ou d’un quai de gare

De derrière un comptoir

Parfois dans votre dos

Narquois ou enjôleurs

Ironiques ou pervers…

Relèvent-ils d’un au-revoir

Ouvrant sur des considérations

Ou à nouveau

Retenus ou engageants

Carrière ils donneront

A des implications

Amoureuses souvent…

 

Relèvent-ils d’un adieu

Sachant que pour l’éternité

Figés demeureront

Dans la rétine de ceux

Avisés déjà

Que la séparation

L’éloignement

La précipitation

Les jetteront dans l’inconsolable…

N’ayant pas su ou voulu

A temps comprendre

Au moment ou la main

Les commissures s’affaissaient

Que trop tard il était

Pour un retour en arrière…

 

***

 

Pères

 

 

Ç’aurait pu être mieux ç’aurait pu être pire

Vous étiez éloignés nous étions des enfants

Chacun à sa façon préconisant l’empire

D’un amour espéré toujours inconstant…

 

De l’égoïsme alors de la fausse pudeur

Vos élans suspendus et nos cachotteries

Lorsque sur nos départs à nos mères en pleurs

Vivement réprimandiez leur sensiblerie…

 

Vous étiez à la guerre ou ailleurs au travail

Nous suivions vos traces sur de géants atlas

Nos soldats de plomb en repeuplant vos sérails

Des rires et des soupirs y soulevaient hélas…

 

Mais le temps de ces temps n’était pas au dialogue

Vous saviez que nous savions que vous nous aimiez

Mais ce savoir ressortait-il du décalogue

Je suis sûr qu’autrefois vous nous le reprochiez…

 

Même s’il se fait tard on peut on doit vous dire

Afin de rétablir un semblant d’équité

Que si fréquemment nous nous plaisions à médire

Votre labeur requis par notre satiété…

 

Inconséquents parfois par notre seul maudire

Nous n’y assouvissions que notre iniquité

Enfin l’hommage arrive risquez-vous d’en rire

Malgré le poids du marbre et de l’éternité…

 

 

HENRI CACHAU

 

 

Plus d'infos : www.henri-cachau.fr

Henri Cachau - DR

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