Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS - JEAN-PIERRE BARS

Publié par Le Capital des Mots sur 23 Mars 2018, 22:06pm

Catégories : #poèmes

 

 

 

Autre chose

 

On commence

mais on commence par quoi ?

On ne sait pas,

on a presque pas regardé le ciel aujourd’hui,

on ne l’a pas vu,

pas de ciel,

pas de bleu ou de gris,

pas d’oiseau .

Le vent est partout comme en folie,

on ne voit pas le vent non plus…

On sait que tu viendras,

nuit, petite nuit,

bientôt ma seule épiphanie,

cratère de silence

et si lointaine cependant,

ô les étoiles,

les vraies comme disait Bonnefoy,

les pierres là-haut, qu’attendent-elles,

ont-elles un ciel aussi,

un ciel à plus que naître

une sorte de pays qu’elles regarderaient en rêvant

où passeraient des anges transparents ?

 

 

J’ai vu le cercle de la vie dans ma pensée,

pas ailleurs, je me tais,

rien n’effacera le commencement de la nuit

le commencement de la lumière enfouie.

 

 

Commencement du monde

comme la peau d’une orange

sous la lame habile d’être ici.

 

On commence

on ne sais pas comment

on voudrait bien voir le cœur des choses

on a pas le courage

pas la force .

 

Ce qu’on a pas , on l’imagine

on va bailler dans les rues de la pluie

histoire sur les trottoirs

de suivre l’infini.

 

 

 

 

***

 

Toujours la mer

 

Il y a toujours

un peu de rien

dans le temps

décousu de tes jours,

un quelque chose

qui va sans glisser,

sans passer,

sans visage,

ce n’est pas l’envie de vivre

qui s’absente

ni le feu de n’être pas

qui s’amplifie,

c’est la mer

dans les pensées

je la vois, je l’entend

elle est loin de moi-même

et pourtant...

je ne suis pas

là où la mer se déchaîne,

je ne sais

ce qu’elle fait de ses morts,

dans quel sable

elle les garde

quelle nuit les étoile

ni quand s’éclaire enfin

l’enfance unique d’être sien.

 

 

***

 

 

Encore un ce soir

 

Encore un ce soir,

un verre de rien

pour regarder la nuit.

Un qui se prend

le nez en l’air

quand la furie du temps

se perd dans tes cheveux.

Femme de nuit

femme de joie

femme de vie.

Je vois tes hanches balancer

le rivage du jour,

l’aube nue

est plus simple que le blé.

Ton regard s’attache

à la rame du vent

tes tresses de vertus

aux crues humides de ton chant.

Ce soir encore

avec toi mon amie

ma rumeur

mon souci d’être

quand s’espacent les heures,

Ce soir encore les ornières

luisent de tes soupirs.

je marche sans savoir où je vais

ni ce que sera demain.

 

 

JEAN-PIERRE BARS

 

Il se présente :

 

Je suis né en 1958, à l’est de Paris dans une campagne de la Brie.L’école ne fut pas ma tasse de thé. Finalement après avoir cherché et pas vraiment trouvé, je suis devenu prof de collège en Suisse.

La poésie est une amie, une confidente, un horizon, un étrange et proche pays.Je publie en ligne et un peu sur papier depuis quelques années.

 

 

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