Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS - GABRIEL MEUNIER

Publié par Le Capital des Mots sur 2 Mars 2018, 08:35am

Catégories : #poésie, #texte

LE CAPITAL DES MOTS - GABRIEL MEUNIER

Adieux, viandards !

 

 

 

Un tremblement de terre un raz de marée un tsunami se prépare

Cette vague peut dévaster le monde mais aussi ouvrir les yeux

 

poularde filet anguilles blanquette papillotes...

le lecteur découvrira le menu servi à Louis XVIII*

viande = chasse = fête

mais ces délires ne furent pas réservés aux seuls monarques

 

banquets républicains, de première communion, mâchons de confréries, associations,

sociétés de chasse ponctuent leurs assemblées

d'orgies protéiques et sanguinaires

 

plus près de nous

restaurants autoroutiers Buffalo grill, Hippopotamus,

La Boucherie et tant de chaînes

messes dominicales des barbecue saucisses merguez

 

les abattoirs

eurent aussi des heures de gloire

signe des temps ? Sensiblerie exagérée ?

Les méthodes (ou leur absence) d'abattage sont contestées

 

oui il est temps

temps de crier pour tous,

de crier pour les animaux traités comme des amas de chair morte

il est temps de lire haut et fort ce funèbre réquisitoire

______________________________________

 

adieux viandards

vous étiez grands fêtards

vous vous êtes fait bien du lard

 

adieux viandards

les gratte petits n'étaient pas sur votre boulevard

et les faiseurs de rien trop loin de grands charognards

 

adieux viandards

adieux vos tabliers maculés accoudés au bar

adieux vos serviettes souillées pour gueulards

 

adieux viandards

vos échanges vos trafics combinards

vos langages vos parlers goguenards

 

adieux viandards

vos inutiles tueries vos riflards

adieux vos olifants vos étendards

 

adieux viandards

ne nous versez pas de pinard

nous serons au petit menu, sans retard

Épitaphe, Hallali

 

Faire naître élever les veaux n'était pas votre problème et manger de la barbaque signifiait savoir chasser, dépecer...

Maintenant des machines subventionnées officient en usines d'aliments... pour animaux de compagnie !

 

haro sur les multinationales de la viande

du sang des poisons et de la misère

 

 

* Menu servi à Louis XVIII en 1814 à son arrivée à Compiègne (école française ; version allégée) :

Quatre potages   
Potage de poisson à la provençale.  
Nouilles à l'essence de racines.  
Potage à la d'Artois à l'essence de racines.  
Filets de lottes aux écrevisses.  


Trente-deux entrées  

 

Trente-deux mets salés. 

Les croquettes de brochets. Raie bouclée à la hollandaise. Bayonnaise de filets de soles. Quenelles de poisson à l'italienne. Grondins grillés, sauce au beurre. La brandade de morue.  Plies à la poulette.  Pâté chaud de lamproies.  Pluviers de mer en entrée de broche.  Brême à la maître d'hôtel.  Les filets de soles à la Dauphine. Perches au vin de champagne. Darne d'esturgeon au beurre de Montpellier. Turban de filets de merlans à la Conty. Escalopes de morue à la provençale. La orly de filets de carrelets.  Caisse d'huîtres aux fines herbes.  Escalopes de barbue en croustade.  Filets de poules d'eau à la bourguignonne.  Éperlans à l'anglaise.  Turbot au beurre d'anchois.  Escalopes de truites aux fines herbes.  Sauté de filets de plongeons au suprême.  Vol-au-vent de poisson à la Nesle.  Petites caisses de foies de lottes.   La grosse anguille de la régence. Blanquette de turbot à la Béchamel.  Pain de carpes au beurre d'écrevisses.  Salade de filets de brochets aux laitues.  Filets d'aloses à l'oseille. Le bar à la vénitienne.  Papillotes de surmulets à la d'Uxelles.  Boudins de poisson à la Richelieu.  Vives froides à la provençale.  Sauté de lottes aux truffes.  Saumon, sauce aux huîtres. Rougets à la hollandaise.  Filets de sarcelles à la bigarade.  Timbale de macaroni garnie de laitances. Émincés de turbotins gratinés.

Trente-deux entre-mets sucrés ou salés

L'ermitage indien.  Laitues au jus de racines. Blanc-manger à la crème.  Buisson de homards.  Gâteaux glacés à la Condé.  Le pavillon rustique.  Céleri à l'essence maigre.  Gelée de punch.  Œufs brouillés aux truites.  Petits nougats de pommes. Le pavillon hollandais.  Concombres au velouté. Gelée de café moka. Œufs pochés aux épinards.  Génoises en croissant perlées.  L'ermitage russe.  Cardes au jus d'esturgeon.  Pommes au riz glacées.  Truffes à la serviette.  Petits Bateaux à la Pithiviers.  Les aiguillettes de goujons.  Gâteau renversé au gros sucre.  Truffes à l'italienne. Pudding au vin de Malvoisie. Choux-fleurs au parmesan.Les poules de mer . Petits soufflés de fécule. Œufs pochés à la ravigote. Gelée de citrons moulée.  Champignons à l'espagnole.  Les sarcelles au citron.  Gâteaux glacés aux pistaches. Crevettes en hérisson.  Fromage bavarois aux abricots.  Pommes de terre à la hollandaise.  Les petites truites au bleu.  Panachées en diadème au gros sucre.  Petites omelettes à la purée de champignons.  Gelée des quatre fruits. Salsifis à la ravigote.  

Desserts

Pour extra, dix assiettes de petits soufflés en croustades.  
Soufflés aux macarons amers. 
Soufflés à l'orange.  

Huit Corbeilles et dix corbillons. Douze assiettes montées.  Dix compotiers.  Vingt-quatre assiettes et six jattes.  »

 

 

 

 

GABRIEL MEUNIER

 

Il se présente :

Enseignant retraité, photographe auteur aujourd'hui.

Illustration d'ouvrages, collection de cartes postales "Hémisphères", affiches et plaquettes pour l'artisanat et le tourisme. Si certains sont « tombés dans le révélateur » à leur naissance, d’autres ont reçu un appareil numérique pour la fête des pères. Suis-je un hybride ? Efficacité, logique (site d'éducation à l'environnement Images-4D.org) mais aussi vécu et sentiment (www.galerimaginaire.org).


 

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