Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS - DIANA BIFRARE

Publié par Le Capital des Mots sur 24 Mars 2018, 14:41pm

Catégories : #poèmes

 

on l' a fait cet homme

pour que je sois réconciliée

avec mon sang


 

le drain et la lymphe

la veine à ma taille

le mouvement circulaire

une brise iodée

la rose qui pousse

sous l' épiderme


 

lui qui est

et qui vient

et qui pénètre

sans déposséder

le sol de ses nerfs

libertins


 

je suis la terre

et je ne suis pas la terre

je suis le pied et le pavé

route sous les sabots

forgés

du coursier blanc

qui me promène


 

il m' a rendue

insatiable et entière


 

du premier au dernier grumeau

j' appartiens au monde

pétri de mon argile


 

de lui qui arrose

et qui abreuve

j' aurais soif


 

encore


 

entamer le printemps

émotter les prairies

sillonner les ravines

accoucher de sa chair


 

de tout

pas assez


 

***

Il a souri

et les vitres se sont déversées

en sable

sous les roues immobiles


 

la main à son bras

je longeais les côtes du Chili

lui

il continuait ses pas

dans du gravier

au parking


 

j' ai suivi ocre et bleu

jusqu'au bout des plages

la fin d’après midi

et blanc de l’écume


 

le retour

ça brouille ça claque

au nez


 

on s'était balancé un moment

entre les toiles nouvelles

où les lignes se défont

des cubes

d’ascenseurs ou ses doigts

sur moi


 

où j ai voulu

saisir les contours

et je suis restée mains vides

les paupières pleines

de son visage


 

c' est très petit

la vie

quelqu'un prend une place

et tu te cognes aux portes

aux tableaux

aux horloges

au silence

en cherchant des mots

posés comme des lèvres

entre les omoplates


 

croire qu’ on était fait

à l’image des pégases


 

***


 

Il faut parfois des années

à regarder la pierre


 

deux poissons immobiles

deux émois lissés

satinés au cuivre

patientent se défaire de l écueil


 

 

remuer

les veines des reliefs

un sourire suave

un délicieux bouddha

enchante les sédiments


 

attendre

qu’ il descende

qu’ il se détache du rocher

dieu moine humain

homme


 

il faut que les mers soient salées

qu’ elles ravivent les branchies des murènes

que les murènes glissent humides

où il y a faim


 


 

sous le géant citronnier

la mer prend parfum

et excite les galets


 

moi

étendue sur les sables

je viens de heurter l’ univers


 

de même

dans la lumière tamisée

du citronnier au salon

je retourne

affecter nos empreintes

retrouver tes lèvres

 

 

DIANA BIFRARE

 

 

Elle se présente :

 


 

Née en Pologne en 1974 mais installée en Suisse francophone depuis 16 ans. C’est récemment que j ai pris goût à écrire en français.


 

Diana Bifrare - DR

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Commenter cet article

eponimo 24/03/2018 18:34

Belle démarche,
continuez ainsi sans reculer

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