Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS - KATIA ROESSEL

Publié par Le Capital des Mots sur 3 Février 2018, 13:01pm

Catégories : #poèmes, #photos

fosses  

 
 
le berceau ou la sphère, si l’on veut le cercueil 
tangua et échappa à la ligne des figures grisées 
quand la terre fut remuée. malgré les gardes il y 
avait deux à trois mille pieds fouillant jusqu’au 
lendemain. tous se précipitèrent, des millions et 
des millions d’hommes s’en allèrent aux 
funérailles – la mise à mort s’avérait être la seule 
héroïne.
 
 
 
 
 
 
 
   * * *
 
 
 
 
 
 
 
s’apprêter à immoler le cœur d’un prédateur solitaire
dont l’apanage consistait en personnages de tabatière :
son ouverture libérait des frères, soldats issus d’un pays
scindé en deux. des figurines vêtues d’uniformes militaires
de combattants ennemis se faisaient face. or ils ne pouvaient
que se tourner autour sans jamais réussir à se toucher. tandis
qu’un capharnaüm à diablotins ramena brutalement tous
les épisodes des vers de la veille. un charivari scandaleux
dont l’auteur et la pièce se trouvaient unanimement
ridiculisés, par des journaux et des magazines, vulgarisait
leur rancune chaque matin ; car ce qu’ils avaient à raconter
n’était absolument plus rien qu’une humiliante illustration
au cours de laquelle la nef s’effondrait - leur regard aguicheur,
et leurs excréments, leur vomi, mêlés aux sécrétions
visqueuses, jusqu’aux entrailles de la bête. différentes
cellules pouffaient de rire, et des rangs, décontenancés
et délirants, se livraient d’un coup à l’hostilité, réveillant
d’autres fantômes dans un nouvel écrin romantique.
des boutades frénétiques se soulevaient insolemment.
quels pauvres abrutis de peur, des histrions et des parasites,
des fanfarons et fous roublards, maquereaux du talent
enrubannés, produisant toute sorte d’odeurs. leurs adeptes
gambadaient de manière drolatique, ôtaient le bâillon à la
magdalénienne, les membres ratatinés, et les membres
de la muqueuse encore, avec de la morve enragée.
quel plaisir de petits lutins, démons goguenards dans un
potage dépravé.
par affrontement perpétuel – je retiens tes lettres
aussitôt tu lâchais l’opercule de ta pandore. une sorte
de lumière bleutée coulait de partout.
jusqu’au lendemain nous explorions de nouvelles maladies,
trouvions refuge en sortant de la jungle glaciale.
 
 
 
NB : la suite complète de "fosses" a été publiée dans La revue L'étrangère, no 43-44, dirigée par Pierre-Yves Soucy, 2017 .
 
 
 
 
KATIA ROESSEL
 
 
 
 
 
Elle se présente :

 

Née en 1983, originaire de Halle, dans l’ancienne Allemagne de l’Est, elle a passé son enfance sous le régime communiste jusqu’à l’âge de six ans. Elle a reçu sa formation artistique initiale au Burggymnasium Wettin, ancien siège de la maison de Wettin. La région du Burgenland, territoire allemand ennobli par Friedrich Leopold, Freiherr von Hardenberg dit Novalis et Friedrich Nietzsche, l’a particulièrement stimulée dans ses créations littéraires. Elle vit en France depuis 2004 et a publié un premier livre de poésie intitulé Les Yeux bandés (Paris, Mémoire vivante, 2010) ainsi que plusieurs textes dans les revues Passage d'encres, Verso, Thauma, Friches, Phoenix, Poésie Première, et dans la revue allemande Ort der Augen. Elle a obtenu une bourse d’écriture aux archives littéraires de Marbach, Allemagne, pour son essai « Jeanne d’Arc dans l’imaginaire de Friedrich Schiller ».

 
Sur internet 
– Page personnelle 
– revue Recours au Poème, dirigée par Gwen Garnier-Duguy 
– revue inks, dirigée par Christiane Tricoit  
– revue landes, dirigée par Aymeric Brun 
– revue neiges, dirigée par Aymeric Brun 
– Revue Verso, dirigée par Alain Wexler 
 
 
 
 
 
 
 
Katia Roessel . © Katia Roessel - DR

Katia Roessel . © Katia Roessel - DR

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Commenter cet article

Alexander 05/04/2018 21:17

https://www.arte.tv/de/videos/052358-000-A/wild/

Ein bisschen Du, bisous, Alexander

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