Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS - ADELSON ELIAS

Publié par Le Capital des Mots sur 5 Novembre 2017, 08:47am

Catégories : #poèmes

Ma poésie

 

tu es une bouche anonyme

perdue entre mille échos

jamais tu ne signeras tes doigts

midis renversés

sur le miroir des bouches saignant la clarté à mille lieues des ratures des mains fil d’algues bleues

aube demeurée

o nuit rebelle mon poème

tu n’as pas le pur du souffle

décrochant mille printemps blancs

aux pieds des mers

je sais

mais au moins ramasse tes éparpillements

et raconte plus corsées

que toutes les cathédrales mêlées

les ténèbres sauvages des villes

chaque rue nue entre ses silences graves qui dit

déplie-moi la page que j’écrive HUMANITE en lettres de pierres

au moins dis ici

vivre

parmi les tombes oubliées

 

 

***

Pour tenter d’étouffer le cri

 

Si je blesse

parfois

quelques pages

 

c’est que

toujours

faut-il un lieu

où loger la pierre

 

je ne cherche rien

à dessiner

ces vides

 

si ce n’est un geste

pour tenter

d’étouffer le cri

 

***


 

Afrique

 

A toi

mes mains

offertes

 

entières

 

telle une avenue

à mes sens 

debout

 

un poème

écrit

à l'aube

 

aux hanches

d'une fleur

qui marche

dans les rues

de mon enfance

 

On n'offre

jamais

vraiment

 

que lorsqu'on offre

de soi

le morceau le plus proche

et le plus lointain

 

Ô toi

terre si vaste

dans le commencement 

des choses

 

***
 

Petit-Goave

 

Tu es Djemila

tu es Grignan

tu es Jacmel

au temps

de lune debout

 

et mes voyelles

sans voix

voiles

vers l’ivresse des algues

et des grappes mures

de mer

 

 

 

 ADELSON ELIAS

 

Il se présente :

 

Je m’appelle Adelson Elias. Je suis né un 2 janvier du temps, à Petit-Goâve, une ville située à une soixantaine de kilomètres de la capitale d’Haïti, Port-au-Prince. Je suis journaliste et enseignant. J’écris pour résister aux griffes du vivre. Pour arrêter de douter, que mes mains, une fois, ont tenté de changer la mer. Et le sable. Et le coquillage.

 

 

 

NB : en première publication , il y a eu une erreur sur le nom de l'auteur de ces textes, ce n'est pas Adlyne Bonhomme mais Adelson Elias.

Aderson Elias  - DR

Aderson Elias - DR

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Commenter cet article

Minski 16/11/2017 20:40

rythme de fin de tempête et lambeaux de méduses, j'aime beaucoup !

Béatrice HOREL 05/11/2017 12:01

Souffle coupé... votre rythme dans les mots et montre à voir...

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