J’ai plié mes souvenirs

Froissé le temps d’avant

Ma demeure déménage

Dans ton intime vivant

Mon corps nu dans tes veines

Je parcours tes distances

Je colle à tes parois

L’affolement de ma langue

Nos chairs deviennent marines

Le monde soudain plus grand

J’habite au plus profond

De ton intime vivant

 

 

***

 

Je ne prie aucun dieu

Je n’implore aucun ciel

Je rends grâce aux matins

Qui châlent mes épaules

Du suaire de tes mains

Un rosaire à la bouche

J’ouvre ton prieuré

J’égrène en silence

Les tropaires de nos hanches

Et nos cris sanctifiés

On peut bien me traiter

De sacrilège impie

L’amour est mon credo

Je ne vis que pour être

Apôtre de ta peau

 

***

 

Je déclare l’éternité maintenant

Dans l’intime morsure du désir

Avec l’écho tourbillonnant

Devant ses ailes qui l’étirent

Le temps peut bien m’ensevelir

Coudre ma bouche d’un dernier fil

J’ai au fond de la gorge un râle

Etranger à la mort et à son châle

Même glacée ma bouche te suppliera

D’un psaume de cendres qui répandra

Nos impatiences en pluie d’oiseaux

L’amour sera mon seul tombeau.

 

 

***

Inlassablement

Le jour s’étire

S’éteint

Revient

Et dans ce mouvement

Qui recouvre toute chose

Dans cette fuite du temps

Qui nous métamorphose

Nos mélopées ponctuent

L’enjambée des matins

Et le commencement

Que l’infini inscrit

Dans l’agenouillement

Des oxalis la nuit

 

***

 

On fermera mes yeux

Mon cercueil

Et je partirai en flammes

D’autres m’ont léchée

Ces nuits où

Gorge renversée

L’amour me remettait au monde

Hissée vers un soleil

Qui réchauffera mes cendres

 

***

 

Donne moi ton chagrin
J’en ferai une peau
Et de ma langue natale
Celle de nos vastitudes
J’infiltrerai tes sentes
D’ombres et de solitude
Sangsue j’aspirerai
Tes vents languides
Tes jours d’ivraies
Je cracherai au ciel
Tes déveines
Tes fêlures
Rhabille toi
Mes lèvres ont ravivé tes diaprures

 

***

Si un jour tu me croises

Gobant les trous de ton absence

En bramant l’aumône d’un dieu que j’invente

Ne pense pas que je sois folle

Avec mes gestes amples

Ma bouche comme un canon

Qui crache ma souffrance

Ne pense pas que je sois folle

Je brasse ton silence

J’attrape au vol

Ce dont je me souviens

Le tissage de ta peau

Et la harpe de tes mains

Puis je pousse comme le cerf

Le cri nécessaire

A ma survivance

 

 

CATHERINE SMITS

 

Elle se présente :

 

 

52 ans, gérante de société avant de tout arrêter l'an dernier pour reprendre des études de lettres. Boulimique de la vie en général et de mille autres petites choses en particulier : les livres bien sûr, l'écriture, les voyages, Venise, le bénévolat que j’exerce dans une maison d’accueil pour enfants maltraités, les rencontres, les fous rires, les expositions d’art moderne, le partage d’expériences , l’opéra, les contes, la mythologie , les livres encore, les livres toujours.

Je travaille actuellement sur un projet d'écriture à propos de Joë Bousquet qui sera très certainement publié. J'ai également en cours ce projet : transformer les 50 contes les plus connus en poèmes.

 

 

 

Catherine Smits - DR

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Tag(s) : #poèmes

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