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Jupiter bat dans le ciel
Vénus se dilate, une pierre tombée en son milieu
Nos dos se font face
Je n’avais pas vu votre visage avant
La première fois de chaque chose m’étreint


           J’aime la langue quand elle va chercher dans les orifices les cris & le silence dressé


           Un fantôme poilu des origines me saute dessus
           Un chien noir & blanc, je le connais
           Une balle traverse ma mémoire & tire encore
           La blessure du chien coule dans mes veines & sur les  pierres     mutiques
           Larme d’enfance, point pur solitaire
           Diamant noir au commencement de moi

 


A l’oreille de mes rêves, je murmure de grands mots osseux
Je me hisse debout
Le torse en avant, le dos tué, je continue

 

***

 

 

 

Revêtue de mon seul pelage & de mes lacryma-sexy / enfin vous -
je tombe
- en amour pour que d’une seule peau à nous deux, nous soyons prêts à la lutte
Nos quatre mains en quatre pattes pour aller plus vite, là où surtout - ne plus bouger, dans
la pulsation, immobiles


Nous venons de cet endroit d’ « entre-tout »; moi, toute gorge déployée car un souffle de
blizzard en mes poumons s’était niché où la mort endormie rêvait de ses rêves à elle tandis
que moi, me rêvante dans les rêves de la « très haute » avec vue sur le jardin des paupières
qui refusent de se fermer

 

***

 

Je me surprends à respirer
Je pense bien plus à nous que je ne respire
Je laisse les choses me traverser
Notre Dame de Paris, les voitures, les gens, l’Est & l’Ouest
L’étreinte s’est inscrite dans l’air devant le café, boulevard Paul Vaillant-Couturier
Mourir devient possible
Là, à cet instant, je ne lui donnerais rien
Je suis toute en vous
Le feu a fait son nid dans mon ventre
L’enfant qui ne naîtra pas s’y réchauffe
D’un même regard tous les deux
D’où nous ne reviendrons pas


Tout mon corps est fatigué en même temps
Du pouce de l’orteil gauche au cheveu en train de pousser à la cime du crâne


A la suite de tous ces gémissements comment …
reprendre parole ?
J’ai désécrit chaque mot à coups de langue

 

 

***

 

 

 

                                coucher avec lui …
Mon visage se répand, descend en profondeur & jouit à l’unisson de nos sexes en tête à
tête, entêtés, entêtants
Je veux dire, nos sexes toujours cachés deviennent visages de l’humanité en proue & qu’ils
enfantent d’autres visages sur mon visage ramassé en quartz boréal
Prouesse, dans le miroir, je ne suis plus la même. Jamais la même. Jamais plus la même
Quand je le chevauche, je deviens centauresse
& je repars sur ses jambes, les jambes de ma vie
Il n’a pas qu’un pénis entre les jambes, il a des mots durs comme la pierre pour me
construire un barrage, une maison & une alliance &
                               … attention, le bonheur, ça rend jaloux

 

 

Extraits de " L'itinéraire de la pierre" ( Inédit)

 

 VALÉRY MEYNADIER

 

Elle se présente :

 

Animatrice d’ateliers d’écriture, Valéry Meynadier est aussi art-thérapeute dans les HP, les prisons, dans des milieux sans milieu.
L’écriture pour elle est ce qui ressemble le plus à la vérité sans l’être le moins du monde.
Elle a publié deux romans aux éditions Chèvre-feuille Etoilée : Ma mère toute bue & Centaure. Ainsi qu’un recueil de poésie : Présent défendu aux éditions de la Villa des cent regards.
A venir : Divin Danger aux Editions Al Manar.

Valéry Meynadier à Montreuil sous Bois au café Sucré Salé © YES  - DR

Valéry Meynadier à Montreuil sous Bois au café Sucré Salé © YES - DR

Tag(s) : #poèmes, #photos

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