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LE HIATUS DES SOUPIRS

 

Fuyante étoile élancée dans le firmament

Tu lorgnes les lueurs de l'aube où tu es née

C'est à l'ombre de Saturne que les amants

Se retrouvent enlacés sur les fleurs fanées.


 

Grand Dieu, si Tu m'avais donné femme m'aimant

A même mes désirs, telle l'Eve amenée

Par Ta main, en présent pour notre père Adam

J'aurais offert ma vie, et mon âme damnée.


 

Mon esprit chétif, de coup rué par les Hommes

Fuyant dans l'illusion d'une âme autonome

Se tourne vers ta splendeur sortie des songes.


 

Je souffre de ne pas avoir pu t'aimer

Assez. De naître ombre et mourir seul enfermé

En ferme de campagne où, comme fou, je plonge.


 

3/2017

 

***

FOIRE DES HORREURS


 

Je reviens de la foire des horreurs

Je les ai vus, ceux dont l’âme se meurt

Vides d’esprit, ils avancent hagards

Dans une jungle où la vertu s’égare

Victimes de l’individu-roi

Ils n’ont pour seule Loi que le Moi

Qu’édicte l’utile de l’inutile.

Sur leurs terres, à jamais infertiles

La vie ne trouve point lieu pour fleurir

Il n’y a ici qu’espoir de mourir.

J’ai remonté l’escalier à grand’ peine

Ralenti par les gifles qu’ils assènent

Frappé devant ce cirque pitoyable

Je les surprends à danser sur les câbles

Soutenant la raison et la folie

Sur l'abîme des monstres qu'ils délient

S'en allant vomissant haine et sang,

Envers les maîtres soumis acquiesçant

Que leurs paroles vaines et vides assomment.

Je me demande : sont-ce mêmes des Hommes ?

 

***


 

PRIÈRE AU MAÎTRE


 

Daigneras-tu, Maître de l’Univers,

Prêter l’oreille à cette sourde prière ?

Qui, muette comme l’ombre de la solitude,

Se tapit sous ma néfaste habitude

Cette habitude d’écrire à l’inconnu

Et, par la souffrance, de me mettre à nu


 

Par les lumières qui m’ont, hier, attiré

Par la terre sur laquelle Tu m’as créé

Par le vent, par le feu et par les cendres,

Prends garde à Toi, si Tu ne me fais pendre

Je déploierai le sceau funèbre

Et porterai l’éclat des Ténèbres


 

J’entends les plaintes d’un peuple sans roi

Qui se languit à l'ombre de Ta Loi

Je descendrai à la foire des horreurs

Là où ceux qui, oubliés de Toi, meurent

De leur rassemblement vive la peur,

Dans la cave, les démons sonneront l’heure.

 

***
 

SONNET IMPERTINENT


 

Je marche dans ta lumière, princesse de la mort,

La corde autour du cou, mené par mon désir,

Sous l'étoffe de ta robe, je cherche le plaisir

D'étreintes prisonnières, délivré de mon corps.


 

Ta terre de pluie gorgée, je creuse et creuse encore

La tombe d'une nuit d'où ma main va saisir

Ce miel couleur de nacre, gemme de tes soupirs

Coule et coulera encore, ce bijou que j'adore.


 

Gage de fidélité d'un amant résigné

Je dépose sur ton fruit, de ta sueur imprégné

Un baiser de fumée, du fond de mon caveau.


 

Triste mortel, tes journées abondent d'ennui !

De repas en repos, seul à seul dans la nuit,

Devant ces mots, saisis la mort, cela seul vaut.


 

01/2017


THIBAULD MENKE

 

 

Thibauld Menke- DR

Thibauld Menke- DR

Tag(s) : #poèmes

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