Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS - MARNISNOW

Publié par LE CAPITAL DES MOTS sur 10 Février 2017, 16:12pm

Catégories : #poèmes, #photos

Les chimères élevées

Noient les scintillements d’un cœur

Figé comme un soleil d’été à son zénith,

Imperceptiblement fondu.

Dans cette brillance exaltante

Des enfants fouillent le sable

Et déterrent des perles de nacre bruissantes d’échos tremblants.

C’est l’envol fuyant du sensible,

Atterré, égaré et sans destin,

Capturé par le froid.

Scellées dans l’écorce des forêts,

Se camouflent de vaines germinations hors-saison,

Les vaisseaux d’un amour hors-sujet,

Une confidence à un arbre.



***

 

Le temps.

 

 

 

J’ai froid.

Tu traces des plis majeurs sur mon cœur.

Dans le noir tu esquisses tes multiples lumières.

J’ai froid.

Je passe.

Je croise des pas abattus et des yeux baissés.

J’attable mes souvenirs et j’ai froid.

Le vent passe sous la porte.

Les gris de solitude assemblent des silences.

Des apparences affairées klaxonnent en déplaçant le vent.
J’ai froid.
Une tache sur l’encre.

Ceux qui sourient parlent à leurs chimères.
On n’accorde pas des chagrins pour jouer allegretto.

J’ai froid. Si tu savais.

La poterne a coupé sa lumière

J’ai bu tout le noir de la nuit

Où tu scintilles.

J’ai froid.

Je passe.

Il y a des lions dans mon jardin.

Le verrou est usé.

J’ai lâché la poignée.



***

 

 

L’indigente ligne évadée,

Figure réécrite adossée au soliloque d’un désert,

Désespère l’angle de contingence.

Le courant de l’eau s’est aplati

Fade surface incolore où gisent étirés les plis hier traversants.

La douleur résorbée,

Le coton sur la plaie,

Voraces anesthésiants au souffle putride de la tranquillité.

Consciencieusement découper,

Saboter le flux qui enivre.

Disséquer la grenouille et vomir en expurgeant les nerfs.

Bien avant les poisons se dissipant le long des bordures temporelles, il y avait.

Bien avant.

L’inconscience et le risque,

L’insouciance et la surprise,

Une sente,

Un désir.

Le corps enfiévré tournoyant dans ses rubans,

La peau brûlée des explorations imaginaires,

Les boutons tendus de l’attente,

Les tensions des rêves brefs.

Les incendies cryptés, le presque, le pas-assez.

Les couleurs précédant la forme, distançant le sens.

L’un possible, le peut-être.

Et l’inquiétude.

 

 

MARNISNOW

 

 

 

Elle se présente :

 

 

Marnisnow a passé son enfance dans une campagne boisée et vallonnée, nature qui est un thème principal pour écrire sur les tourments et les avatars des vivants désirants.

Bibliothécaire après avoir exercé une longue carrière de travailleur social, elle est sensibilisée aux conditions qui sont le lot des humains.

Aborder poétiquement l’écriture pour déborder les évènements est devenu une nécessité. Marnisnow est aussi investie dans la peinture.

 

© Marnisnow

© Marnisnow

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

fried 18/03/2017 18:37

les deux premiers poèmes sont agréable à lire, le premier se rapporte bien cette belle photo.
"Se camouflent de vaines germinations hors-saison,
Les vaisseaux d’un amour hors-sujet,
Une confidence à un arbre." j'aime beaucoup ce passage.
Le temps, il est prenant, le temps qui passe sur un moment de solitude ainsi que le temps froid dont le vent passe sous la porte. bravo

Joëlle Pétillot 12/02/2017 10:17

J'aime beaucoup cette écriture. Vif plaisir à lire, et belle sensibilité.

marnisnow 24/02/2017 00:08

Pour moi c'est une première, j'accorde beaucoup d'attention à ce que vous me renvoyez sur cette écriture mienne.
Merci .

Béatrice HOREL 10/02/2017 18:46

"J'ai froid"... oui, j'ai vraiment ressenti cette froidure.

marnisnow 24/02/2017 00:11

Merci pour votre commentaire, je suis touchée de recueillir votre avis.

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents