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Flûte de pan


 

Sans internet, je réintègre l’âge des cavernes. Pas tout à fait, l’ordinateur me rappelle mon appartenance à cette époque bénie des Tics.

Flûte de pan et café noir. Je ratisse large en ce vendredi mien. Enfoncé dans mon fauteuil, plongé dans mon écran, pianotant au rythme de cet air venu de loin, je ratisse le maquis de mon quotidien, à la recherche de l’étincelle susceptible de mettre le feu à la broussaille qui étouffe ma société. Les feux de paille ne durent pas, certes, mais le feu reste le feu, il purifie et revivifie, nettoie et revigore.

Flûte de pan et café noir. Je rêve d’un bûcher géant, d’une flambée des idées qui atteindront les sommets de la hiérarchie de la bêtise humaine. Je ne m’explique pas tant de suspicion obstruant les veines de mes compagnons, tant de générosité déversée dans les égouts de l’intérêt immédiat et tant d’amour coincé dans la peur des lendemains. Au petit matin d’un Vendredi saint, je rêve d’une révolte sans fin, comme une danse sans chorégraphie, que les prédateurs ne pourront déchiffrer qu’une fois le seuil de non-retour atteint.

Flûte de pan et café noir. Je digère mes allées et venues, dans l’esprit du jeûneur qui a fait de son carême un exercice de résistant. L’au-delà n’est que l’envers de l’ici. Rien ne presse, le paradis se dilate à l’écoute de mes révoltes. Relevez-vous compagnons du prophète, la route est encore longue pour prétendre au repos et à la clémence divine. L’arrivée se décline en l’humaine condition, non dans les frasques d’un homme ou la fresque d’un dieu. Relevez-vous compagnons d’infortune, toute halte nous éloigne de nos foyers abandonnés pour des chimères, nos moitiés sacrifiées sur l’autel du devoir et notre engeance condamnée à nous survivre.

Flûte de pan et café noir. J’accède sans peine à l’horizon mutilé de notre génération, au présent coagulé de notre jeunesse, au désert fructifié de nos aînés. Je rends à la mémoire sa fraîcheur et je conjugue le rêve au continu. J’amarre mes vaisseaux aux airs du temps et je libère mes envies de vivre.

Flûte de pan et café noir. Il est temps de renverser la vapeur et de diluer la peur dans le peu de sens qui nous reste. De dire ce qu’on a à dire et de prendre la porte pour ne plus revenir sur ces lieux du crime transformés en lieux de culte. Partir au matin d’un Vendredi saint sans sonner les cloches ni réveiller les vaches. Partir retrouver cet amour interdit, abandonné à l’orée de la cité. Partir refaire le monde à deux pas

 

Extrait de « Parasitages » éditions Chapitre.com 2016

 

 

MHAMED HASSANI

 

 

 


Il se présente :

 

 

Né le : 8 avril 1954 à AOKAS w. Bejaia Algérie

Email : hassanimhamed@yahoo.fr/mhendhass@gmail.com

Blog: hassani-mhamed-aokas.overblog.com

Page Facebook : https://www.facebook.com/Mhamed-Hassani-Auteur

ÉDITION

J’ai édité  quatre ouvrages littéraires dont une pièce de théâtre. :

  1. ARU ! (autoédition 89) Algérie

  2. ILI ! (édition Innocence Alger 2011)

  3. DIVAGATIONS suivi d’AHELLIL N TIRA, (aux éditions SEFRABER, France 2014)

  4. Parasitages poésie aux éditions Chapitre.com France décembre 2016

  5. Akham n Tiche (la maison de Tiche) éditée par le commissariat du concours d’écriture théâtrale du KAKI d’OR de Mostaganem Algérie (FNTA)

  6. Un roman en voie d’édition.

 

J’ai travaillé en interactivité avec des artistes plasticiens en résidence et en publique. Et j’ai participé à de nombreux festivals.

Performance artistique

  • Avec l’artiste ELMES, j’ai produit « n’être » en réponse à son exposition dénommée « l’être et le paraître ».

  • Avec l’artiste Ait Mehdi Salah, nous avons réalisé une performance publique sous le titre « ILI ! sois !»

 

Dramaturge, je suis auteur de 5 pièces de théâtre d’expression berbère :

  1. Targit g targit (le rêve dans le rêve) jouée dans le cadre amateur en 1978 à Aokas

  2. Akham n Tiche : (la maison de Tiche)

Ce texte a été primé au concours littéraire « bougie d’or » de Bejaia en 2009 et au concours d’écriture dramatique « Kaki d’or » de Mostaganem où il a obtenu le prix d’encouragement en 2010.

Il a été produit par le Théâtre de Bejaia en 2011 mis en scène par D. Abdelli, il a été nominé au festival national du théâtre amazigh de Batna 2011.

  1. « Tarozi, la fracture » a été nominé au concours d’écriture dramatique « kaki d’or » 2011.

  2. Abeqqis la giffle (plusieurs lectures publiques 1999)

  3. « Iwredjedj la cigale » (inédit)

III- Chroniqueur : j’interviens en tant que chroniqueur culturel dans le quotidien indépendant « La Cité »

 


 

 

Mhamed Hassani - DR

Mhamed Hassani - DR

« Parasitages » Mhamed Hassani. Editions Chapitre.com 2016  - DR

« Parasitages » Mhamed Hassani. Editions Chapitre.com 2016 - DR

Tag(s) : #poésie, #texte

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