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Ilse D’Hollander, Bron (« Source » / « Spring ») (456), 1992, huile sur toile, 70 x 65 cm, Collection privée, Belgique - Oeuvre reproduite avec l' aimable autorisation de Ric Urmel, Responsable de l'Estate of Ilse D'Hollander. - DR

Ilse D’Hollander, Bron (« Source » / « Spring ») (456), 1992, huile sur toile, 70 x 65 cm, Collection privée, Belgique - Oeuvre reproduite avec l' aimable autorisation de Ric Urmel, Responsable de l'Estate of Ilse D'Hollander. - DR

Les branches nous empêchent de sombrer

Le tronc de tomber

L’air de s’attacher


 

Un tremblement vert étendu sur la source vive parcourt la toile. Lumière rasante prise sur les flots dans le sillage de la couleur. Les reflets annoncent la pêche miraculeuse. Le jaune hésite à rejoindre le bleu. Le réfugié chromatique se cale dans un coin pour échapper au firmament. Les lignes plongent dans un bain de vapeur qui dissout la lueur. La rosée s’écoule, dévale la colline, répand les nappes de brume qui traversent son champ. Des pierres tentent de stopper la rivière mais leur obstacle est balayé par le vent qui secoue la plaine. Deux silhouettes se fraient un chemin, remontent à contre-courant l’éclaircie qui pourchasse les griffes affamées du dessin. Sur la rive lointaine, le pays retient son souffle. Accrochés aux cimes, les rayons obliques du soleil foudroient le cyan à sa surface. La vie danse dans l’eau qui les réunit. La peinture se trouble. La vue se perd dans une transparence sans fond. La parcelle est carrée pour simplifier les allées et venues. Ses bordures cadrent le vertige. La terre frémit, le courant ondule. Le paysage se soulève avec la légèreté d’un voile qui rentre dans la maison. Les murs s’écartent. La porte s’ouvre et se referme. Le feu couve. Le meneau est à peine plus stable que le bois sous les tâches de mousse à l’ombre des sapins. La pièce respire. L’écorce desserre l’étau des plâtres furtivement brossés pour fixer l’érosion des saisons. Des langes emmaillotent la rousseur du bouleau. Le froid tresse déjà son bleu pâle. La fourrure de martre frôle la neige. Les sillons du pinceau fendent la glace, glissent sur l’eau gelée. Le givre strie les carreaux de routes impraticables. Jours et fenêtres s’immobilisent. La main ramasse ses gestes jusqu’au prochain étang.


 

 30 décembre 2016.

 LAURE WEIL

 

Laure Weil se présente :


Professeur agrégée d'arts plastiques, je suis aussi curieuse de littérature, de cinéma et  d'architecture. J'ai fabriqué quelques livres d'artistes, dont le lien entre eux semble être l'effacement. Livres restés confidentiels. J'écris généralement pour restituer une rencontre avec une œuvre, qu'elle appartienne au champ des arts plastiques ou au cinéma.
Je cherche à diffuser mes textes parce qu'il est plus facile de se motiver à écrire régulièrement quand on sait que ses textes sont susceptibles d'être publiés.
Mes écrits sont nourris par ma culture des arts plastiques et par ma liberté à jouer avec les mots, comme s'il s'agissait de couleurs pour un peintre.

 

 

***

 

NB  :

 

 

 

D’après les œuvres d'Ilse d'Hollander vues au FRAC Auvergne :

Bron (« Source » / « Spring ») (456), 1992, huile sur toile, 70 x 65 cm, Collection privée, Belgique

Sans titre (G 354), 1996, gouache sur papier, 34 x 24 cm, The Estate of Ilse D’Hollander. Courtesy Sean Kelly, New York

Sans titre (G 095), 1996, gouache sur papier, 18x13,5 cm, Collection privée, Belgique


 

 

Site sur l’artiste : http://ilsedhollander.org


 

Tag(s) : #poésie, #peintures, #articles - articles critiques, #art contemporain

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