La mort est le prurit de l’existence.

 

 

L’écolière en manteau de velours…

 

 

Le mort à venir s’étonne tous les jours du vivant avenu.

Il n’empêche, je mourrai Gros-Jean comme devant.

 

 

Tu écris sur le noir

qui ombre la page blanche.

 

 

Ecrire, si c’était surtout découvrir ce qu’on avait fait feint d’ignorer.

 

 

Impossible d’écrire, par manque d’air : le cerveau bouché, comme le nez.

 

 

La valse hésitation des mots irrésolus…

 

 

Le style c’est le timbre, l’insu de la voix.

 

 

Tu écris pour rencontrer celui qui en toi doute, se déjuge, pour rallier ce taiseux toujours à l’affût de tes impostures.

 

 

L’écriture : une façon de sous-traiter l’intranquillité qui malmène l’existence.

 

On écrit du haut vers le bas

du dehors vers le dedans

de l’orbite vers le centre.

 

 

 

Il nous faut vivre avec la nostalgie d’une absence, une énigme en creux que les mots s’obstinent à vouloir résoudre comme un mal dont on ne peut guérir mais contre lequel on luttera jusqu’à la fin.

 

Quand la mémoire nous parle davantage de l’avenir que du passé…

 

Se peut-il qu’il y ait un en-soi de la beauté ? Le fait esthétique est le secret de Dieu le mieux gardé.

 

Qu’est-ce que peut bien être l’âme ? Le second degré de notre condition terrestre ?

 

Je tire sans fin le fil des mots sans jamais tuer le monstre qui rôde ni trouver l’issue du labyrinthe.

 

Ce vieux goujat de néant, toujours à l’affût derrière chaque bruissement de feuille, chaque pas sur le gravier.

 

Ces balles perdues de la mémoire qui piochent le cartilage du cœur…

 

Bleu à l’âme, glaçon de lune sur le cœur…

 

« Tu peux quitter l’enfance/Ton enfance ne te quitte pas »

Le car s’enfonce dans la nuit aveuglée par les phares.

Sur la voix de Maxime s’enroule un sanglot de guitare

comme s’enroule sur mes mots le ruban mouillé de l’asphalte.

Est-ce ma faute si ce soir j’ai perdu le fil de l’eau

dans les remous de ma mémoire…

La petite barque de mon enfance s’est échouée sur la grève,

il se pourrait bien que crève le sac de larmes que je porte sur mon dos.

 

 

JACQUES ROLLAND

 

 

 

Il se présente :

 

Jacques ROLLAND vit à Villeurbanne près de Lyon. De nombreux poèmes ont été publiés sous son nom ces dernières années dans divers sites ou revues (papier, en ligne) : La poésie que j’aime, Francoplolis, Ecrits…Vains, Pleutil, La page Blanche, Comme en Poésie, Les Cahiers de Poésie, Les Tas de Mots, Le Capital des Mots… et anthologies : « Poètes face à la vie »( Éditions de l’Athanor) «Du Souffle sous la Plume » n°2, n°3, n°5, n°, Plume première pour « Marée montante » du recueil « N°1 Boulevard des Plumes » ("Les Joueurs d'Astres" Éditions), « Visages de Poésie » (Jacques Basse - Anthologie n°5 - Éditions Rafael de Surtis)…

 

 

 

 

 

 

Autoportrait au crayon . © Jacques Rolland - DR

Autoportrait au crayon . © Jacques Rolland - DR

Tag(s) : #aphorismes, #dessins, #poèmes

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