Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS - AHMED KHETTAOUI

Publié par LE CAPITAL DES MOTS sur 9 Décembre 2016, 14:21pm

Catégories : #poésie

Paille d'un déluge ..


 

 

 

Je sème mon terne.. déluge

Malmené au lit d’un typhon ..

A l’aide d’un blême refuge .

Dévoré par un monstre griffon !!

Je déchante la joie des mirages

Je chagrine la destinée du torrent ..

Pour remédier aux maux des nuages ..

Qui dissimulent des enfants sans parents ..

Je nage au long du voyage ..

Pour neutraliser la cécité des rivières .

Crucifiée aux berges des rivages ..

Naufragée, sanctionnée par une fausse lueur ..

Dans cette vie féroce : éphémère ..

Qui suis-je , dans ces monts ?

Enfant de pluie ou démon ?

Qui suis- je dans ce courant ?

Aigle diabolique ou typhon ?

Qui suis-je pour évoquer cette question ?

Qui suis-je pour souffler au delà du tison ?:

Charlatan..aberrant ou tourbillon ?

Pour démolir la destinée d’une tresse détenue.

Ou falsifier le sens du brouillon

Pour dévaster l’émoi d’une falaise ..épineuse

Chevauchant une endurance orageuse ..

à bord d’un corbeau .. d’un papillon ,..

Suffoqué au lit d’un humble linceul .

Ensevelissant ,l’enfant de ma pluie .

Engendré par une fée : entre sépulture et cercueil .

Adopté par une pluie légendaire.

Dans ce monde secondaire .. cyclonal

qui suis-je pour rédiger une complainte ?..

ou pour déchiffrer ce proverbe :

« n’est pas tombé de la dernière pluie »

Ou : « : Il n'est pas né de la dernière couvée"

Tout soumet notre destin enivré.

Même l’aîné de l’enfant de ma pluie .. !!!

Même cette métaphore et son sort chaviré ..

Tombée d’un ciel sans fontaine et sans puits ..

Qui suis-pour détecter ce mystère ?

Sauf, si je professe ; que j’ai honte ou navré …

ou damné par les démons de cette terre ..

donc; je m’en vais .. je m’en vais

je m’en vais ..et je me tais .. !!

il est encore temps de se taire !!!..

pour pouvoir enterrer nos secrets .

et baptiser les sons des tonnerres ..

dans cette terre .. dans cette terre ..

donc, je m’en vais ..ravi ou en colère ..

je m’en vais.. et je me tais .

pour mieux protéger ma vertu et ma valeur ..

je m’en vais.. je m’en vais ..et je me tais .. !!!.

 

 

 

 

 

 

 

 

 AHMED KHETTAOUI

 

 

Écrivain et ancien journaliste algérien

Ahmed Khettaoui - DR

Ahmed Khettaoui - DR

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à nos hymnes 19/12/2016 17:43

Où me suis-je perdue ? Je me suis si souvent égarée, me suis trompée de route et de chemin, ai tendu la main ou n'ai plus vu un corps ni même un seul regard, ai froncé les sourcils, pleuré face à la cruauté ou brandi un poing rageur. J'ai écouté toutes les voix du monde et parfois aucune. Ou me suis-je perdue ? Je me suis suivie pas à pas, ai eu du mal à me trouver, me suis coursée sans me rattraper. J'ai gravi des écueils sans voir les échelons, ai sauté par-dessus des ruisseaux ou j'y ai plongé. Dans la mer ou l'océan, j'ai sauté, sauté et nagé en apnée ! J'y ai volé comme un oiseau, leur laissant leurs plumes et leurs becs si hauts. Dans la mer et l'océan, j'ai piqué moi aussi des crabes, des crevettes, des moules, des huîtres, des bigorneaux, des étoiles de mer et quantité de mots, même les mots non entendus du silence de la mer, même des rouleaux de papyrus brouillés et détrempés qui pourtant, voguaient légers au milieu des algues et des baleines. Sur les sables des rivages, moi aussi, j'ai piqué bien des coquillages et descendu des dunes sans une pensée pour leur avenir, accélérant leur disparition et leur chute, au temps ou le temps paraissait infini et immuable. Ou me suis-je perdue ? Prise en étau dans des chatières, soulevant ma fierté face à des pics de glace dont tremblent les assises, le corps bègue ou révolté face à la pauvreté et au handicap, où me suis-je perdue ? Je me suis pas à pas et sans hâte mais ce sont d'autres pas que je suis, de ceux qui me renvoient leur image et leurs rêves inachevés, de ceux qui me jettent des fenêtres sur leurs voyages et sur les vagues qui déferlent sans rien briser, juste pour sculpter les rochers. J'ai lu ici des textes et ne sais plus ce qui résonne, une poignée de sable fin, quelques bouquets de curry ou de romarin, un mot, une phrase ou une idée, le cri des mouettes et des goélands, ou peut-être seulement de ces échos même lointains qui se répercutent, se transmettent et se partagent, quand d'un roulement de tambour, d'un cri ou d'une chanson naissent soudain le moelleux d'un paysage et des pas plus sûrs.

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