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Aphorismes

 

 

 

A l’aube, je me réveille. Toi qui te couches, tu t’endors, en inversant le jour.

 

 

 

L’eau glisse d’une eau vive. Comme si n’être rien donnait la transparence.

 

 

 

Dans cette chambre, il y avait des cerfs-volants, des dizaines, des centaines de cerfs-volants. La fenêtre s’est ouverte et la maison s’est envolée.

 

 

 

La belle fée était âgée, et usée, très usée. Elle ne transformait plus que les rêves.

 

 

 

L’arme d’une larme est terrible. Elle vous émeut jusqu’à l’âme. Si vous en avez une, bien sûr…

 

 

 

En descendant du train, j’essayai d’oublier qu’on m’avait oublié sur le quai. D’ailleurs, il n’y avait pas de quai.

 

 

 

Si ces maux de tête perdurent, il faudra la couper.

 

 

 

Un carré courbe est un cercle. Un cercle droit part à gauche. Et je me perds dans tes yeux.

 

 

 

L’oiseau est utile : voyez-vous, il vole. Il offre de grands sillages de liberté. C’est important.

 

 

 

Premier murmure, premier émoi de moi qui veut me disparaître dans l’essence même de ton absence.

 

 

 

La ligne se brise. Elle s’étire, s’obstrue, se désintègre. C’est ainsi que meurent les rectangles.

 

 

 

Les ombres de nos corps se conjuguèrent comme une phrase d’enfant, avec des mots doux, des mots tendres, avec de belles fautes d’orthographe.

 

 

 

Tu dors. Tu es blonde comme les blés d’été, avec ta cascade de cheveux bruns qui se moquent des couleurs.

 

 

 

Du bout du bout de ton doigt, jusqu’au bout du bout de ton pied, quel voyage !

 

 

 

J’attends l’aube pour t’offrir un amour que je ne veux pas te faire. Je n’aime pas faire. Je suis très fainéant !

 

 

 

La grisaille de ce matin n’est qu’un leurre. Je vois des particules de lumière dans tes yeux.

 

 

 

Débris de verre, débris de cœur. Nous voici brisés en mille morceaux d’amour.

 

 

 

Elle pleure. La larme est la longue aisance de la tristesse, le chemin des ruisseaux de l’enfance.

 

 

 

L’amour est bilingue et félin : il se love en lui-même.

 

 

 

Marine, quelle vague t’a amenée jusqu’à moi ? Je ne savais même pas nager.

 

 

 

***

 

La pierre

 

La vie nous veut dociles

Ne nous veut pas rebelles

La vie passe sa vie

A passer sur la nôtre

Mais dans tous nos élans

Elans de l’un vers l’autre

Nous avons notre amour

Comme une pierre d’eau

Qu’érodent vents et siècles

Et les gestes et les mots

La blessure des heures

Et celle des chats gris

Nous avons notre amour

Comme une pierre d’eau

Plus fou plus dur plus fort

Que l’essence du temps

 

 

TRISTAN ALLEMAN

 

 

Il se présente :

 

Petite bio-biblio rapide et sommaire


 

Tristan Alleman, né à Mons, Belgique, a 53 ans. Quarante ans d’écriture n’ont pas altéré son plaisir de semer les mots et les phrases. L’inspiration musicale est souvent perceptible dans les sonorités qui donnent l’élan aux textes. Il aime beaucoup la lecture, les arbres, l’eau qui ruisselle, la complicité des femmes et le vol des oiseaux.

Deux recueils ont été publiés aux éditions du Coq : Libres feuilles (2005) et Ombre dame (2006). Une nouvelle (Le marchand de vent) a été primée au concours ‘Nouvelles à Nouvelles’ organisé dans le cadre de Mons 2015, Capitale européenne de la culture.

Libres feuilles © Tristan Alleman - DR

Libres feuilles © Tristan Alleman - DR

Tag(s) : #aphorismes, #poésie

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