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Je suis né bien avant de venir au monde, conscient de ne devoir ce que je suis qu’au murmure du passé.

 

 

 

À le regarder dans le ciel pur, sous les alizées, sur l’horizon courbé, dans les verts profonds des forêts, on croirait Dieu présent dans l’embrasement de la lumière, mais l’aile sombre de son absence se déploie aussi vite que disparaît le soleil derrière l’horizon.

 

 

Le corps légèrement glissé en arrière sur son siège, un vague rictus d’incrédulité au coin de la lèvre, il accompagnait son propos d’un presque dédaigneux revers de main, avec cet art de la simplicité feinte, du regard entendu qu’ont les gens confortables, établis dans une position sociale dont ils veulent implicitement vous faire sentir toute la hauteur et vous accabler de tous les privilèges.

 

 

 

L’éternité n’est sûrement pas une sinécure. Dieu doit se sentir bien seul, sans rien à connaître, à apprendre, sans avant, sans après, sans la possibilité de croire en quiconque, pas même en soi.

 

 

 

On cesse de mourir en cessant de vivre.

 

           

 

Être aussi sensible à René Guy Cadou qu’à Jean Pierre Georges…

 

 

Le poisson hameçonné, jeté sur la berge, agonise en silence entre deux soubresauts. Hélas cette discrétion bien involontaire ne sert que la cause halieutique du pêcheur débonnaire et disculpe l’assassin piscivore dont les assauts répétés à la canne passent pour d’inoffensives taquineries.

(Et dire qu’à table je m’étourdis sans vergogne de la chair fondante d’un dos de cabillaud…) La vie est drôlement faite.

 

 

 

Le bien, le mal, le beau, le laid, l’amour, la haine, la morale, la justice ?... Toutes ces choses qui font l’humanité ? Pour qui ? Pour quoi ? Je n’ai trouvé nulle part le commencement d’une réponse.

 

 

 

La grande question est de savoir si cette voix qui appelle

derrière les choses se taira avec nous.

 

 

 

               Tous les horizons sont des leurres.

 

          

 

              Un soir d’été jamais n’abolira le temps.

 

           

 

Entre deux averses de météores, sous le feu galactique, cet atome de vie convoyé sans destination peut-être, cet infime cheveu sur le temps qui ne fait même pas zézayer l’univers…

 

           

 

Tout ce qui fait sens dans le domaine de l’art serait donc jeté au rebus ou promis aux lazzis de quelques infatués gardiens du Temple… Après le temps des artistes viendrait celui des autistes, sans doute parce qu’il n’y aurait plus rien à découvrir, qu’après avoir emprunté tous les chemins de la création, l’art essoufflé n’aurait d’autre recours pour survivre que l’enfermement dans sa propre négation, l’encensement de ses ultimes déjections.

 

 

Écrire comme on appelle le 18. Sauve qui peut !

 

 

 

Nous écrivons pour la page qui manque.

 

Entrer dans la vieillesse, c’est prendre les bulletins météo pour des bulletins de santé.

 

 

Nuit en mer : je me réveille sur la grève après un rêve lancinant avec ce vers un peu flétri sur les lèvres :

Les fleurs de la souffrance sont souvent des immortelles…

 

 

Le poème nait du conflit

                    entre le silence et la parole.

 

Tout l’or des mots, Guillaume, tout l’or de ma vie…

 

 

 

Nixes et canéphores

Mes belles estivales

Au fond de quelle amphore

Reposent vos attraits

Vos doux traits de vestales ?

 

 

 

Sur la plus petite et tremblante feuille

de mon arbre à paroles,

de ma plus petite et tremblante plume

d’oiseau d’un nid tombé désinvolte,

aurai-je au moins versé au chant des mots

ma petite obole.

 

 

 

JACQUES ROLLAND

 

 

Jacques Rolland écrit et dessine.

 

 

 

© Jacques Rolland - DR

© Jacques Rolland - DR

Allain Leprest - © Jacques Rolland - DR

Allain Leprest - © Jacques Rolland - DR

Mes grands parents maternels. - © Jacques Rolland - DR

Mes grands parents maternels. - © Jacques Rolland - DR

Tag(s) : #poèmes, #aphorismes, #dessins

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