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Reste là

 

Une inertie tremblante me cloue à ton corps disparu

Hocquète des actes manqués

Et le drap est en sang

- noir dans la nuit –

J’attends ton corps parti en retournant contre moi même

L’attente même et son spectacle incohérent

- dressée comme ombre noire sur le drap noire dans la nuit

tu naîs du sang versé –

Ton corps là projette partout là où se pose mon regard

Tu murmures mon désir

- tu parles ma langue -

Dressé d’être en toi tout entier

Pour disparaître un instant dans un repli de corps

- contracté, concentré,

arc-bouté sur la concentration liquide du bond à venir,

d’un soubresaut à proportion d’étoile –

Ton corps disparu a épuisé un univers tout entier

Avant de s’incarner pauvrement dans une ombre sur le drap sanglant

 

***

 

***

 

 

Il était une fois …

 

c’est alors que tu me dis il y a suspendu en un point d’équilibre et à portée de la voix vive l’attente même de toute fin et la tension consentie à l’espoir et l’abandon que contient ta chair pour cette fin attendue de tout âge à quoi s’épuisent nos membres et toutes les fonctions de notre anatomie

 

alors que d’un geste tu me fis entrer un instant dans le secret de ton angoisse et de ton désir réunis en une seule pierre angulaire conglomérés en celle ci jour après jour jour entre jour et tombée au hasard ou alors peut être posée là par une main inspirée

 

alors qu’il fallait que je voie en face le sens de ton regard pour mieux suivre les lignes où l’entraînait sa fuite

 

c’est alors qu’une étoile est tombée morte à la pointe de tes cheveux glissant le long d’une mèche que d’un geste tu dessinas pour finir en frôlant le brillant des milles feux pendus au lobe de ton oreille

morte maintenant

 

 

***

 

GESTE


 

Ma princesse a ses gestes bien à elle. Toute entière dans ses gestes, elle est là dans ces gestes que d'autres font aussi. Et Pourtant. Unique et mystérieusement elle même - à l'encontre des gestes des autres - identiques et pourtant étrangement autres. Elle et les autres n'ont pas grand chose à voir - je dois le dire comme cela. Parce qu'elle a ces gestes là qui prennent mon regard pour l'emmener dans le sillage de la main qu'elle passe dans ses cheveux. Toute entière dans ce geste, elle en ignore le sens et l'origine

Ma princesse a les gestes d'une princesse des mythes ou des contes qui traversent nos existences. Toute entière à son geste, elle porte l'écho de cantiques lointains qui rendent la vie plus douce et les heures plus légères - elle a cette résonance intime et ténue, grave et réjouissante des pensées à réaliser, des paroles utopiques.
Toute à ses gestes de lumière, ma princesse appelle le chant et le poème, elle dicte à la main qui écrit, à la main qui pense, les mots qui font l'aurore et la nuit noire - qui font le récit de son vol à travers ce temps là, étranger au monde.

Et si j'en fais tant et tant, si je n'en finis pas de dire le geste et son temps, c'est que le geste de ma princesse est tout entier le fruit de la vie qui tremble là, à sa tempe. C'est que ces gestes bien à elle sont guidés par la vie toute entière en elle qui bat à sa tempe et rythment le monde - de l'aurore jusqu'à la nuit noire puis vers l'aurore d'après - le monde et le vol de la lumière - à la vitesse sans mesure de ce geste qu'elle fait chaque fois qu'elle passe derrière son oreille une mèche de ses cheveux.

Ses gestes mettent au monde devant mes yeux, ce temps qui m'échappa, se figea en deçà et me laissa si pauvrement pareil à moi.
Alors à l'aventure mon corps tout entier se prête au temps qu'elle m'accorde - entre dans le jeu qui fait de moi un autre, plus proche d'elle - mêle ses accidents à l'ordre des saisons qui passent dans sa chevelure - comme passe la main qui mène la mèche dans son parcours d'étoile filante

 

 

 

 

 

Ou bien - Poème de Hubert Le Boisselier

HUBERT LE  BOISSELIER

 

Il se présente :

 

Né en Normandie, à Rouen en 1968, je vis et j'enseigne près de Lille depuis 1993. 

Je suis passionné de littérature et de cinéma. J'admire particulièrement Les Sonnets de Shakespeare, la poésie d'Aragon, celles d'Aymé Césaire et Dylan Thomas. Le cinéma d'Alfred Hitchcock me fascine, celui de Pedro Almodovar me touche beaucoup. Tous ces grands noms sont pour moi des sources d'inspiration privilégiées. 

 

Hubert Le Boisselier - DR

Hubert Le Boisselier - DR

Tag(s) : #poèmes

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