Ton regard est une pierre sur mon cœur

Toi qui me souris, toi qui es sans geste,

Je me sens me figer

Comme au-devant des évidences de la nature,

Solaires, glaciaires, millénaires,

Et nous savons, nous regardant,

Comment l’amour creuse en nous

Ce calme et cette absence terrible

Qui nous dispense d’être autres que nous-mêmes,

Qui nous délivre l’extase d’un regard mutuel.

Et tout passe.

Et rien n’est important,

Que ce joug illusoire

De la larme et du sang.

 

***

 

Je me frotte contre ta peau,

Chaud, doux miroir

De notre vie future...

Caresse de mille espoirs

Qui brûlent en un baiser

Le long du vierge de l’amour.

 

***

 

Les nuages passent sur la voûte,

Bleue, opaline,

Mur transparent de soleil arrêté

 

***

Je t'aime, visage de plume.

Je te contemple.

Je frôle ta joue d'un souffle.

Tes mains sont froides,

Et pèsent, soupèsent les miennes.

D'un murmure,

Sans mot,

J'ai chassé la peine qui emplâtrait tes yeux.

 

Ils s'animent avec légèreté.

Et je chéris l'oiseau-amour.

 

***

Ton visage a surgi des nuées

Ton visage a fondu sur mon corps

Comme un aigle

Dérobe mes jours

Dérobe mes nuits

A toute vitesse

De son bec éclatant

Et je plonge dans le soufre de tes nuits

Le soufre de ta vie

Et je baigne dans l’acide de tes rêves

L’acide de ta joie

Et je me frotte à ta colère, ange noir,

Comme une chatte innocente

Je pose ma patte sur la bougie

Je ne crie plus

Je ne bouge plus

Je suis corps blanc,

Brûlé de ta nuit sans lune

Je suis corps blanc,

Brûlé de ta nuit sans lune

 

***

Vagues sur les rochers,

Mes caresses,

Sur ton front…

Gestes brisés

 

***

 

Sens-tu déjà la salamandre ?

Ma peau mêlée aux feuilles noires de ta vie

Mon ventre blême appuyé sur ton front

Et mes larmes qui s’infiltrent à mesure

Qui se joignent au terreau de tes songes

Et ma main te saisissant par poignées

Te charriant aux limons de mes riens

Ma paume immobile sous le bois fumant de ton âme,

Tes ruches, tes lisières dépeuplées,

Passée à guet,

Ton hiver, ton attente,

J’ai mis ces mots de fleur à ton cou

J’ai voulu résider en toi sans trembler,

Toi ma terre mouvante…

 

JENNIFER LAVALLÉ

 

Elle se présente :

 

Bio ( 15 Février 2016 )

 

Je suis passionnée pour les écritures hybrides et l’exploration de nouveaux territoires narratifs, qu’ils soient sonores, textuels et/ou iconiques. Monteuse et documentaliste, j’écris des poèmes et des nouvelles depuis l’enfance. Certains de mes poèmes ont été publiés dans les revues papier “Le Coin de Table” et “Poésie 1 Vagabondages”. Je suis aussi l’auteure d’un film documentaire et de chroniques.

 

 

 

 

Jennifer Lavallé - DR

Jennifer Lavallé - DR

Tag(s) : #poèmes

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :