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Première fois

 

 

Je ne cesserai de savourer l’exactitude de mes souvenirs les plus beaux, ceux des premiers instants en lesquels mes yeux t’ont trouvée.

En cet espace peuplé de vert et de bois, de poussières et de sables, d’invisibles fumées de craies, de petits bruits, de finesses en des voix féminines et de ton silence, le sort m’a conduit. Je n’ai pas eu à le vouloir, je n’ai eu qu’à l’accepter.

Et déjà j’étais là, devant ce peuple, dans ce peuple, face à toi. Mon premier regard tomba sur tes yeux, ces petites billes noir-vif flottant splendidement dans un pur blanc. Le regard du jeune homme que j’étais, te quittait un temps, voyageait dans l’espace qui nous accueillait, foulait un livre et d’autres visages, puis revenait se plaire à rester durablement sur ton portrait facial. Sagement posée sur une chaise, silencieuse, n’offrant que de courtes réponses aux interrogations qui venaient te surprendre, on aurait dit que ton esprit jouissait d’un calme qu’il ne voulait quitter. Un calme naïf sans hypocrisie, un calme sans germes de murmures, un calme sans jumeau, un calme nouveau dans l’univers des sérénités, un calme qui ne caractérisait que toi.

Tes yeux fuyaient les miens instinctivement, n’acceptaient point s’attarder, la plus petite fraction du temps qui soit, sur un coin de mon visage. Ils allaient, fugitifs, dans les divers angles de cet espace, se baissaient, s’élevaient, cherchaient anges et compagnons, m’évitaient ouvertement. Et ton silence qui t’était si cher, ma voix le perturbait, sans retenue, sans hésitation. Cette voix s’imposait à toi. Et elle, comme tu ne pouvais la fuir, tu la suivais, la supportais sans arrière-pensées. Quelle innocente apparence ! Tu suivais ma voix de la tienne, en débitant des mots à voix basse, ces mots évasivement réfléchis que ton innocence emplissait, ces mots obéissant à un rythme non changeant, doux, cool. Constance adolescente.

Echanges de multiples regards et de mots sans allusion, des mots sur une matière neutre, nouvelle, un langage étranger, des formules inespérées, des incompris pour toi. Puis la fin de mes mots. Le temps à moi imparti était plus bref que mes souhaits, mon désir né sur l’instant, de rester là près de toi, près de tes fuites de regards, au cœur de ta timidité préventive, baigner dans ton ingénuité sans bavures, te saisir sur l’instant pour te laisser un souvenir chaleureux qui t’emplirait de joie chaque fois que tu le revisiterais.

Désir inassouvi. Parti sans laisser le plus petit cadeau pour ta mémoire, même pas un sourire hypocrite. Rien.

T’étais restée dans ce passé récent, à présent lointain. Le dilemme de la déclaration d’amour et de la résignation dépassé, intouché. L’assurance que tu feras une bonne épouse, pour tout homme, pour moi surtout. Les instants d’après, de mes pensées je t’ai chérie, je t’ai souri, j’ai revisité ta nature par simple vanité. J’étais déjà embarqué dans une idylle à mille tourments, j’étais plongé en elle. En moi tu ne pouvais vivre longtemps. Tu t’éloignais déjà de mes habitudes de chercheur d’amour. La nuit venue, je n’ai pu que t’oublier.

 

***


 


 

CHANSON DE L’ESPOIR

 

 

(Extrait du recueil ‘‘LA FORCE DE CROIRE’’ Prix Stéphane Hessel – POESIE 2015)

 

 

Qui es-tu, sous cette verte couleur

Avec à tes bords ces roseurs

Je suis l’ami de tous les jours de tous les hommes

Où restes-tu au réveil de la nuit

Je suis dans le cours de chaque goutte d’air

Dans la moelle de la feuille qui vacille

Dans la voix de la cigale qui chante

Dans les murmures des vagues de la mer

Dans les bruits des foules qui brandissent leur foi

Dans les yeux de l’esclave qui fait face à sa fatalité

Dans les premiers cris du nourrisson

Dans l’âme du plus bel ouvrage qui soit

Dans la chaleur du feu qui brûle

Dans le lent élan de l’hirondelle

Dans la prière du fidèle à Dieu

Dans la force des mains qui labourent

Dans le tremblement des avions

Dans chaque battement de la vie

Dans l’euphorie des grandes gloires

Car Tout espère

Je suis à la lisière des rêves de tous les hommes

Je les fais bien vivre.


 

 DZIFA GBEGLO
 

Il se présente :

Né, le 30 juillet 1990 à Lomé, Dzifa GBEGLO est Juriste de formation. Très intéressé par le domaine de la littérature, il est très vite attaché au genre de Victor HUGO et de Jacques PREVERT, la poésie. Ne se lassant point de lire ses idoles et d’autres remarquables auteurs, il choisit de parsemer l’univers poétique espérantiste par ses premiers recueils. Entre 2007 et 2009, c’est-à-dire entre ses 17 ans et 19 ans, il publie les recueils ‘’Miaj Unuaj Pensoj’’ (Mes premières pensées) et ‘’Printempaj Floroj’’ (Fleurs de printemps). Mais l’espéranto étant une langue méconnue du grand monde, ces recueils ont souffert de cette méconnaissance et d’un manque de promotion. Cela ne freina pas son élan poétique. Il s’intéressa ensuite aux concours de poésie.

En 2009 il participe au concours PIJA (Prix International Jeunes Auteurs) 2009 du côté de la Suisse avec le recueil « Les Jérémiades ». Il en sort lauréat publié. Il participe en 2012 au Concours National de poésie du Togo organisé par l’association de la nouvelle génération des poètes Togolais ‘’Le Cénacle’’. Il est consacré par le prix du Troisième Lauréat. En mars 2015 avec son recueil « la force de croire » il est consacré premier lauréat du Prix de la Jeune Ecriture Francophone Stéphane Hessel organisé par la RFI, TV5 Monde et l’Alliance Francophone dans la catégorie poésie. Dzifa continue d’écrire et espère publier très vite ses premiers recueils écrits en la langue de Molière.


 

Dzifa Gbeglo - DR

Dzifa Gbeglo - DR

Tag(s) : #poèmes

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