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Cheminement

Où vas-tu ?
Où vas-tu, bipède déchiré
aux épaves du pavé 
que tu bats sur l’asphalte
tes mains impuissantes
et ta tête vide ?

Nous hurlons dans le désert
nous hurlons à la lune
la raison avec nous
mais la raison importe peu !
Peu importe le contenu
il faut se montrer et se la jouer beau aujourd’hui.

Dur est le devoir,
c’est comme nager dans un cours d’eau mort
entre cadavres charriés
un fleuve immonde
un lac glauque comme la pitance
des réfugiés d’aujourd’hui.

Ô oublier ce qui fut !
Ce qui aurait pu
oublier les temps heureux
et vivre le sordide
et oublier les temps
timorés
la vingtaine hâtive
la vingtaine tourmentée
la trentaine tranquille

les temps futiles
et la quarantaine angoissée.

Oublier tout ce qui fut
oublier le sublime
oublier l’infâme
et les grimaces obligées.

Oublier
les espoirs étouffés
les goûts de cendres
habituels.
Oublier qu’à vouloir tout
on ne peut rien ou presque


mais

presque fait vivre.


 

Où vas-tu ?
Et tu remontes le courant
tu cherches encore une naïade engageante,
perdue,
dans l’amphithéâtre désert,
dans la seconde ratée d’un regard qui ne rencontre pas,
pour vivre enfin
entre faiblesse et vouloir
entre désir et devoir
entre diamants et cendres
entre laïcs et religieux
entre voiles et
héroïnes aux têtes tranchées
entre enterrements et incinérations -
nos os le phosphate
et les épandages mortels
et le tout à l’égoût
qui signe la fin de tout.

Allons détruire
la misère de la routine meurtrière,
allons stigmatiser le conformisme repu

qui prospère

aux portes du désert fertile.


 

J’annonce
la mort
le poids des ans
sur les marches de ma maison.


 

Qui es-tu ?
visage perdu de mon père
aux reflets fatigués
visage qui me rattrape
qui m’envahit aujourd’hui.


 

Qui es-tu ?
visage de femme
qui entoure
un rêve matinal
je te fais face
tu apparais
dans l’espace vide
d’un lieu précis
tu vas toujours
plus loin
au-delà des cendres
tu ne réclames rien
ne veux rien
qui dépasse
ta faiblesse fondamentale.

Je vais monter
au-delà du lieu de tes rêves
je vais disparaître
sans trop me presser…


 

Nashtir Togitichi


 

23 avril 2016

 

 

NASHTIR TOGITICHI

 

Nashtir Togitichi, né en 1959,  vit à Paris. Lit et écrit de la poésie pour vivre, un peu comme d’autres feraient de la méditation.

Publications sur le net : dans « Le Capital des mots »,  « Francopolis » et  « Recours au poème ».

Participation à une scène de  Poètes à Paris (« Tremplin des Zarts », avril 2016)

A publié un recueil  : Si tout se casse la gueule, précédé de Contraintes du temps, Edilivre, Septembre 2015.

A paraître : Chroniques de l'antépénultième.

Nashtir Togitichi - DR

Nashtir Togitichi - DR

Tag(s) : #poèmes

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