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Contre-projet

 

Et si l’on essayait

de mettre enfin à jour

les plaies et les carences

les forces et tout ce peu

de nos vies concrètes

de dévoiler l’absence

sans se remplir

sans chercher à combler

ce manque qui nous fait mal

pouvoir vivre avec

par une parole sereine

une parole jamais dite

une parole pleine enfin

qui s’inscrit dans un rythme

   essentiel

 

Car demain au fond des rues mortes

le temps dissipera nos traces

passé le temps de l’avalanche

personne n’ira les chercher

dans les grabats et les remblais

de l’ombre usée des cathédrales

où nous n’entendrons plus

les jeux d’enfants trop graves

et les mariages faisandés

         ( rhizomes et soubresauts

de chocs moribonds

 consciences dissipées

perdues

dans les marges du temps

accompli )

 

 

 

 

NASHTIR TOGITICHI

 

 

Si tout se casse la gueule, précédé de Contraintes du temps.

 

 

 

 

Nashtir Togitichi, la cinquantaine, psychologue de profession, vit à Paris. Lit et écrit de la poésie pour vivre, un peu comme d’autres feraient de la méditation.

Publications sur le net : dans « Capital des mots » d’Eric Dubois et « Francopolis ».

Si tout se casse la gueule, précédé de Contraintes du temps nous parle des marges d’une vie, ces marges qui, comme les marges d’un cahier, font tenir un ensemble. Il ne s’agit ici, d’une certaine façon, que de poèmes de circonstances : autour de l’amour, la mort, le deuil, le temps assassin et peut-être un chant d’accompagnement des coups mortels donnés à la biosphère et contre lesquels la poésie ne peut rien. A paraître cet été chez Edilivre.

 

 Nashtir Togitichi - DR

Nashtir Togitichi - DR

Tag(s) : #poèmes

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