PONCIF II

 

 

Je prends la même route de maquis

Lacet qui serpente sur des dunes de vertèbres fleuries

Des dunes qui semblent recevoir des lèvres mais

Ce sont pourtant comme carcasses d’épines

Déferlantes couronnes de christ

Le rayon du soir leur donne cet aspect de ruches

Lestées de miel et de duvets

Le rayon les couve de ses milliards d’atomes

Les dunes croissent à mesure que le tableau de bord bouge

Les dunes croissent mais restent inchangées

 

 

 

 

**

 

 

 

 

 

PONCIF III

 

 

Le rayon qui fraye est un désert, lancinant

Désert qui mange les océans

Le champ spectral de l’œil, champ rectangulaire

Champ de blé ou de paille

L’extension du rayon, de l’épi, du grain de terre

Tortueuse vertèbre, chainon d’un squelette

Réduit au fondement du rayon

Tortueuse plaine confinée dans un rectangle

Insidieuse plaine comme rentrée, intériorisée

Champ, rayon, plaine mangent les terres

 

 

 

 

 

 

 

 

 

***

 

 

 

PONCIF IV

 

 

Voix crépusculaires dans le grain de bitume

Voix roulées dans l’asphalte, dans le lait de juillet

Le lait de brume, lait caillé de l’algue qui,

Comme marbre échoué sur le lit obséquieux

Le lit de juillet, se fond au ciment de l’été, aux

Voix fichées dans l’air, au cerveau de juillet

Voix, qui comme caillot apporte la mort

Mènent la vie dans le sang finissant de juillet

 

 

 

 

FLORIAN THOMAS

 

Florian Thomas, poète Aixois et Parisien né au début des années 80. Publié dans des revues comme La Passe, Le tas des mots, La seiche, Ce qui reste, Paysages écrits.

Tag(s) : #poèmes

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