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Bruine

 

Devant les feux de l’écluse

Attends le rendez-vous

Les oiseaux de soleil éblouis

Bruine qui recouvre Paris

Les pare-brises se jouent

Des essuie-glaces

Démasquent / Décompte

 

Là-bas n'est qu'autres

Résonance de cris et arbres de béton

 

Rêve-toi

Rafale, grêle insoumise

Avec l’ombre qui passe

Transcendée / De part en part

Remise / Retour / Rien ne manque

Au plus bas série noire

Éclair sur le bitume

 

Où es-tu

Reflet ocre au-dessus des eaux pures ?

  

Ninive Ville Nouvelle

Ce jour

Long temps

Mon cœur

Mon âme et mon amour

Notre chute s’achève, solitaire

Toi nocturne / Niée deux fois / Neutre

 

Lueur lointaine et or pur

 

 

***

 

 

Il y a quelque part

 

Il y a quelque part une bête battue

Un peintre glorieux dans une maison claire

Il y a quelque part un voyage où je suis

 

Il y a quelque part un salon où l’on prie

Les mêmes bouquets d’arbres

Et notre union offerte

 

Il y a quelque part nos déserts de graviers

Il y a quelque part inondés de soleil

Les murs de pierre tendre

 

Il y a quelque part une étoile qui gronde

Il y a quelque part des lumières aux fenêtres

Nos filles et nos fils

 

 

***

 

Mark Rothko

 

Rejoins

Qui se dissout dans la toile

Se résume à l'infini

 

Ouvrant un nouveau chemin

Pensées dans la création

Pré-existantes vies

 

Tout l'univers se courbe sous la tonalité

Fenêtre sur l'âme

Intègre de toute limite

 

Habités d'un souffle de vie

Bois noir mélancolique

Phase livide

 

Matérialistes et lâches sont nos regards

Assoiffés rouges mythiques

Face contre face à vos portes plus vives  

 

 

***

Souvenirs de papier

 

Un petit homme

Loin des siens

Dans un monde égaré

D'un début à d'autres fins

A des douleurs fantômes

Comme des regrets de riens

 

D'écoute, de luttes, de résistances partagées

De conseils, de silences

D'amis perdus, de carrières épousées

De prières de louanges

D'enfant que l'on change, de parents à aimer 

De pages trop remplies, d'échangeables soucis 

 

De maisons surchauffées

De nobles Polonaises

De chutes sur de grands lacs gelés

D'ennui dans des villes d'eau tchèques

Ou d'obscurs souvenirs

De lourds brocards carmin

 

 

***

 

Les pains

 

J’écris sur le pain

Car c’est Toi qui me manques

Ainsi de l’être aimé

Des champs, des lourdes tables

Des récoltes et des fruits

Il y a un temps pour tout

 

Bénir le pain

Rêvées toutes saveur

Les montagnes passées

Les saisons qui reviennent

Car ces temps sont donnés

Échangés et promis

 

Jusqu’à dire du pain

Qu’il est seulement utile

Pour plus tard un soleil

Une flamme intérieure

Qui réchauffe le cœur

Reposera les pierres

 

Pour que vienne ce jour

Vivant sur terre

Avec toi différente

Goûter le plein azur

Trouver matière en soi

Se rassasier de textes

 

 

 

CHRISTOPHE MAZIÈRES

 

Il se présente :

 

 

D'abord photographe et membre du comité de rédaction de la revue Passages, j'ai ensuite travaillé dans le secteur pharmaceutique.
 
De 2009 à 2013, j'ai habité près de Fontainebleau et écrit mes premiers textes poétiques.
Tag(s) : #poèmes

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