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Extraits de Concorde (Philippe Rosset), recueil inédit, non publié (2014)

 

 

 

Il connaît, mais plus loin, ceux qui parlaient dans les îles. Proximité des écritures. Regarder l’antique en face, jaillir d’île en île et écouter la civilisation du volcan. Danser sur la mer dans un arc de pierre. Des géants. Tracer au sable des courbes. Frottements, odeurs, un coup sec, morceau de pierre inconnue qui éclate ; pétille dans le feu. Fourmillement brun et rouge. Patiemment, réchauffer les mots congelés sous la cendre. Puis d’un coup, se lancer dans la mer et voir le dôme plus loin. Pressentir les époques oubliées qui nourrissent. Quelques moulins dans les îles moins le cratère.

 

 

 

 

 

Simplement regarder quelques morceaux d’amphores. Un tesson qui dépasse. L’ache en broussailles. Juste une lézarde sur un mur immense. L’éclat du cuivre. Dans les vestiges. On regarde quand même un peu le bleu. On revient toujours au sol. L’histoire continue de s’écrire. On ramasse une poterie au hasard, on garde une colonne de passé. Puis on se laisse porter par les temples jusqu’au soir d’heure surnaturelle. Monologue de sables.

 

 

 

 

 

 

Où va ce port ? ce sont les gestes, ces langues roulées gorgées de mer, d’écume et de rochers chauffés, ce sont des langues passées et mêlées. Agora. Temple. Akragas. Ça sent la plante et le calcaire coquillé. Ça sent les premiers sables criants ; vertigineux.

 

 

 

 

 

 

Et marcher - écouter. Du silence porté sur une partition. C’est mouvant, ça transporte. Des rameaux d’espérance dans les ailes. Une voile qui le saisit. Pas de mot pour le dire.

Des gammes. Un corps murmure. Andiamo - amour de la marche, de l’âme et du souffle.

 

 

 

 

 

 

Pierre blanche. On marche sous le volcan. Sur le mât, on parle des sirènes. Il est le seul à les avoir entendues sans la cire. Il est encore là, crie à son tour, souffle, sur la petite île. Pierre ponce.

 

 

 

 

 

 

Par la ville, à pieds. Ça prend des échos de ciel rouge et de cyprès. Traverser des plateaux qui passent du vert au jaune. On peut toujours ramasser ces citrons. Plus loin, dans le volcan.

 

 

 

 

 

 

 

Autour de la paille. Vivre avant les cœurs secs. Cueillir le café dans le jardin botanique. On garde ces grains, on repense au jardin de Naxos, des cactus à l’amphithéâtre. Un peu de vie au ralenti de la terre des princes.

 

 

 

 

 

Extraits de Concorde  recueil inédit, non publié (2014)

 

 

 PHILIPPE ROSSET

 

 

 

 

Philippe ROSSET est né à Annecy à la fin du XXe siècle. Il a publié deux recueils aux éditions Alidades en 2006 et 2008, Trahisons du crépuscule (préface par Jacques Ancet) et Saxifrages. Des extraits ont été également publiés dans les revues Verso (n°135 et 145) et Arpa (n°99). Il travaille actuellement sur un livre d’artistes associant des collages d’Yves Mairot et le typographe Laurent Né.

Tag(s) : #poèmes

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