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Bouteille fendue
Qui gueule d'être trop serrée
Agenouillée
Contre un mur
Qui se voile
En se cognant
Contre son manque
Le brouillon d'un éclat
S'efface
Et se froisse
En un silence
Jaillit la caresse d'une eau
Qui offre
Le pardon
De la cité défendue
La brume s'épaissit
Se casse
Se vomit
Comme un lendemain qui ne veut plus.

 

***

 

C'est dans nos veines qu'on fait le tour de nos majuscules
Comme des détraqués qui ont perdu le sens de l'horloge
C'est une fièvre qui se rouille au tambour du lointain jet
de notre plume
Qui nous précipite dans une chute
Où le poison se dore et se répand
Comme une avancée
Qui nous éprend

 

***

 

Regard dans une claque
Prise à contre jour
Le séant d'une virgule
Qui se déchaîne
Dans l'ombre
De son moule cassée
Le défi de son ourlet
Pas assez ajusté

 

***

 

Dans une chambre
En jupe qui se défend
Des boutons qui se cherchent
et qui se répandent
Dans un souffle de verre coupé
Des sueurs s'entremêlent
tel un gosier mal dérobé
Des silences qui claquent
Chauffés par le miel de l'embrasement
Des baisers cousus
A la porte de l'infaillible

 

 

***

 

Écran d'arrêt


Tu pensais que tu allais continuer
Après toutes ces tâches de larme
Ces fenêtres sans buée
Ces vieilles déchirures déployées sans écho
Ces ciels sans arrivée
Ces ombres de baisers qui se brisent à la nausée
Ce carburant à la fiole de l'absence
Ce bordel de routes qui se sont éclatées...
Qui te perdent , qui t'enchaînent , qui t'effacent
Et ces mouchoirs qui tombent sans laisser d'espace
Cette pièce où le théâtre éclate en
Trois coups.
Ah tu pensais y arriver

 

***

 

Parles tu


On s'empresse de se raconter pour se dire qu'on est bien là
Qu'on est une juste cause dans ce bas monde
On file nos mots comme si on ne voulait pas les perdre...
Comme une route qu'on a tracé avec nos cailloux concassés
On se laisse emporter comme des cracheurs de feu
Comme si on voulait chasser l 'air du temps qui nous oppresse
On chausse notre langage pour être certain qu'il a pied
On arrache les herbes folles pour mieux les lier dans notre quête
de vérité
On joue avec les pastels de notre inconstance
On fouille les plombs de notre cervelle carrossée pour coiffer
Notre faste éclat solennel.

 

***

Elle regardait le miroir
Pour s'arranger avec son visage
Ses traits pour elle représentaient
le grand poids d'une vie sans lumière
Ou peut être l'entre bâillement de la rosée
de certaines gouttes qui l'avaient adoucie
pour les autres elle était
celle qui se buvait d'elle même
qui se remplissait d'une beauté
cueillie à la source de son grain
elle , elle se sentait la grimace odieuse
du jouet qu'elle avait pu être
de la mécanique d'un faiseur sans âme
et les autres lui cousaient à leurs phrases mal assorties
du suif en la prenant pour un être qui n'avait qu'une seule face
la pierre qui se tiendrait dans une seule main
et qui ne se donnerait jamais le droit de déposer
à leur paume son coeur de détresse
elle se devait de chagriner la paille de l'amertume des autres
et oublier son corps qui se tordrait à jamais
Le miroir lui la laissait se regarder.

 

***

 

Ventre qui transpire de son manque
D'avoir été coupé dans ses entrailles
Ventre qui se crie à la recherche de son nom
Caché dans la semence d'une terre sans fruit
Ventre qui a froid dans ses sanglots naufragés
Ventre qui a faim de ses veines étouffées
Ventre déshabillé aux éclats de ses tourbillons enchaînés

 

ANNE B.

Tag(s) : #poèmes

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