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Partir

 

J'ai vu des hommes se retourner pour regarder

A l'heure du départ les rayons du soleil

Se déverser sur les écoutilles de la ville

La nuit voleter sur les genoux des jardins fermés

 

Je les ai vu s'agenouiller sur le parapet des mers

Pour écouter le train des vagues arrivant de nulle part

Je les ai vu se tendre vers la lune pour interroger les étoiles

Sur le destin de l'Homme et celui écrit dans les lignes de leurs mains

 

J'ai vu se dresser leurs souvenirs

Faisant de leur corps un barrage

Je les ai vu tenter de revenir pour arracher au sort

Cet autre eux- même jeté dans le bec vorace du monde

Un matin ou le printemps frissonnait encore

Entre les jupes des femmes

 

J'ai vu leur ombre altière et noble

Se dresser au- dessus de l'embouchure des rivières

A l'endroit où l'eau croupie et le spectre continu de la lumière

Prennent leur source

 

Et moi je partirai dans les vallées sombres de l'esprit

Où le moindre souffle est le vent qui s'engouffre

Je partirai vers la mer et ses sillons de lune

Apprêtés pour célébrer l'union du poisson et de l'oiseau

Je partirai vers Eden ma volonté débusquée

Par le loup blanc des plaines argent

Je tirerai ma révérence entre les voiles noires du deuil

Et les rayons coulés de l'anabiose

 

****

 

J'habite un pays

 

 

J'habite un pays où l'on est tenu en éveil

par la plainte de prisonniers

qui voudraient étreindre les déserts façonnés par le vent,

qui parlent avec des mots de bruyère à la lune.

 

J'habite un pays où l'on attend de dépasser

la ceinture du soleil, les dormeuses des faubourgs

pour jeter des brassées d'étoiles dans la dernière cuvée du ciel,

planter des ormes dans les après- midi de mai.

 

J'habite un pays où l'âme craintive se protège

de l'obscurité planant comme un oiseau

tenant dans la corne de son bec la foudre et l'orage,

qui pense «un jour...»;

mais que le jour est loin sous le clapotement de la pluie

et le huit clos de septembre.

 

 

 

SANDRA LILLO

 

 

Elle se présente :

 

Partie de ce constat que je ne pouvais pas passer ma vie à lire, je me suis mise à écrire et ai vite constaté que l'écriture d'un roman ne faisait pas, loin de là, partie de mes talents. Peut être que je n'ai aucun talent pour écrire de la poésie mais ça n'a pas d'importance car j' en suis amoureuse et comme toutes les amoureuses je veux vivre avec elle, continuer de me lever le matin en pensant à elle et tant pis si elle ne plaît qu' à moi, si je suis seule à arpenter ses sentiers car quelle amoureuse n'a pas laissé un peu d' elle- même ou de ses rêves de gloire quelque part?

 

Sandra Lillo - DR

Sandra Lillo - DR

Tag(s) : #poèmes

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