Torino Porta Nuova,1988.

 

   

        

                                                                                            

 

 

 

Je m’endormais dans un compartiment sans couchettes que j’avais choisi avec soin. J’allais y passer plus de seize heures dans une intimité étrange avec d'autres voyageurs qui comme moi descendaient vers le sud. Ces trajets ferroviaires nocturnes me chargeaient d'émotions troublantes qu’aujourd’hui encore je ne saurais décrire ou expliquer. Le train imprégné de vieilles odeurs métalliques et de tabac froid déroulait sa force tranquille sur les rails de la nuit. Mon corps finissait par imiter l’espace réduit qu'on lui avait accordé et presque douloureusement il se recroquevillait sur lui-même pour former un fœtus. Lorsque je fermais enfin les yeux, je ne pouvais m’empêcher de penser avec un putain de pincement au coeur que j'allais rater l'indicible beauté des paysages de la Toscane. 
Mais derrière la vitre, à l'extérieur, l'obscurité qui défilait rendait mon regret inutile car le noir recouvrait déjà les terres et les campagnes qui n'étaient pas éclairées par l'humain. Je pouvais alors m'endormir en paix bercée par les balancements sourds et flottants du train, j'étais comme dans le ventre de ma mère.


 

 

 



à Rémy.

 


 

***
 

Novembre


 


 


 

ce soir là

les cordes de ta guitare

s’était envolées

comme des cerfs-volants

et sur ton visage

j’avais vu le bonheur 

gigantesque et fugitif 

qui te rendait si beau

de n’être qu’un enfant


 


 


 


 


LIDIA B.


 


 

http://ellecifal.blogspot.fr/
 


 


 


 

Lidia B  | DR

Lidia B | DR

Tag(s) : #poèmes

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