vous décidez. vous, quand soudain la languebrisure décidez, soudain, vos ossilences vos pierreuses mains, vous, décidez de seulement vous devenir, décidez de seulement ne plus vous, décidez. que la nuit succédera que, quelque chose commencera que, l’obscur est une matière qui se/vous/travaille vous. décidez encore, de la suite dans la suite des, événements. vous décidez la suite parler encore taire poursuivre dans, la novembrisure vous, décidez dans, taire poursuivre parler encore. ces trous dans vos yeux comme lignes ces, trous, dans vos yeux, lignes comme, dans vos yeux, ces, lignes comme, trous dans, ces yeux, vos lignes ces, trous dans, comme ces yeux trous vos, lignes dans yeux comme, ces trous, vos, lignes comme, yeux dans, ces yeux dans, vos trous, comme lignes vos, yeux, dans ces, lignes comme, trous.

maintenant vous.

maintenant.

vous maintenez,

votre position face

au désastre face,

vous,

maintenez.

face à.

vous.

maintenez votre

position vous.

maintenez.

votre position.

face. vous

maintenez. face.

à votre

position vous.

maintenant vous

maintenant.

vous.

 

 

***

ça vous traverse pourtant cette, idée cette, décision, ça vous obsède vous, angoisse, tout au bord de l’écrire quoi (d’autre). ça vous traverse, tout au bord de l’écrire cette idée dans vos solitudes comme jamais, et la nuit. comment ça n’a jamais cessé, jamais commencé, tout au bord de l’écrire cette idée cette solitude et vous, dans la langue à creuser toujours, toujours plus bas toujours, plus sol toujours. ça vous traverse pourtant ce devenir, ce lent devenir-insignifiant, à gratter les murs avec les ongles, puis l’os et le sang, et ce qu’il restera de vous à gratter les murs et la terre, lorsque tout aura été dit. vous vivrez pourtant encore vous : vivrez pourtant, dans cet espace concédé ça vous traverse, le désastre et l’urgence de la lutte, contre l’obscur qui vous travaille dehors. dehors la langue encore à vivre sous les pierres dehors, encore à vivre la, langue sous les pierres à, vivre, dehors la langue, sous les pierres encore, vivre à la langue, dehors, encore sous les pierres dehors, encore la langue, à vivre la langue encore dehors, sous les pierres, à vivre, la langue les pierres, à vivre, dehors, sous la langue sous, les pierres. ça vous traverse toujours les pierres la, langue, ça vous traverse. ça vous.

sans lendemains sans

vous,

et le silence qui

gagne

dans le noir et

le silence

l’attente,

sans lendemains,

ça vous traverse

de

part

en

part.

ça : vous.

 

 

 

***

vous ne sortez pas de vous-mêmes. vous ne sortez pas. de vous-mêmes. vous n’y arrivez pas. vous ne sentez pas vos cheveux. pas vos ongles. vous ne sentez pas vos ombres, votre sang, votre devenir. vous ne sentez pas l’air, couper votre peau. vous ne sentez pas. vous ne sortez pas de vous-mêmes, pas de vous. vos os, sont bien creux bien cachés, sous vos chairs. vous ne vous sentez pas. vous ne sortez pas de vous-mêmes. c’est impossible. vous ne sentez pas. vos, mains, vos langues, vos yeux vos regards. vous ne les sentez pas. vous ne sortez pas de vous-mêmes. vous ne sentez pas la terre pas le calcaire les calcites, sur vos visages dans vos bouches, vous ne les sentez pas. vous ne les sentez pas. vous ne sentez pas l’électricité de vos nerfs, le silence de vos entrailles. vous ne sortez pas de vous-mêmes. vous ne pouvez pas. quelque chose en vous se bloque est une glaise du désastre, en vous se bloque, quelque chose est, du désastre une glaise, du désastre, quelque chose en vous, une glaise se bloque, en vous, quelque chose du désastre, est une glaise se bloque, quelque chose se bloque, est une glaise est du désastre, du désastre en vous, quelque chose quelque chose, se bloque du désastre, est en vous une glaise une, quelque chose, en vous du désastre, une glaise, en vous, quelque chose, se bloque.

de vous-

mêmes vous

ne sortez

pas

de vous-

mêmes vous

n’y

parvenez

pas.

quelque chose. cette glaise. ce désastre. vous.

 

 

 

 

 

YANNICK TORLINI

 

 

Bibliobio :

 

Né en 1988 à Nancy, poète et explorateur de la malangue, Yannick Torlini est le fondateur du blog Tapages (http://tapages.over-blog.fr/), qui s’attache à mettre en avant les liens entre corps, voix, et langue, dans un activisme du poème au quotidien.

Il a publié en 2012, aux éditions l’Harmattan, une étude sur Ghérasim Luca : Ghérasim Luca, le poète de la voix : ontologie et érotisme.

Ses dernières publications poétiques : Nous avons marché (éditions Al Dante), et Camar(a)de (éditions Isabelle Sauvage).

Il participe à de nombreuses revues, dont Doc(k)s, Ouste, ATI, Contre-allées, Art matin, Boxon, Phoenix, Place de la Sorbonne, Dissonances…

 

 

 

Biblio :

 

Tandis que, éditions Derrière la Salle de Bains, 2014.

 

Nous avons marché, éditions Al Dante, 2014.

 

Un matin tu t'es assise, éditions Polder, 2014.

 

Camar(a)de, éditions Isabelle Sauvage, 2014.

 

Paysages du corps duel, éditions Le Coudrier, 2013.

 

La malangue, éditions Vermifuge, 2012.

 

Un matin, affiche des éditions 379 , juin 2012.

 

Ghérasim Luca : le poète de la voix. Ontologie et érotisme, éditions L’Harmattan, 2012.

 

Tag(s) : #poèmes

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