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Au bout de la rue

Quand il a cessé de pleuvoir       ton visage portait déjà le matin                                 -mémoire      embrassait ma mémoire ! J’avais dix ans du poème et                                        les joies d’un monde qui t’interdisait mes cadavres,       dix ans de la                                        terre, d’un feu et des feuilles de cet arbre, endormi par les chansons                           d’une nuit distillée.

 

Supposons une naissance !

Jusqu’au cœur de la couleur vient son cri, enfant qui n’a pas eu de

temps pour ses peurs.

 

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L’aube réveillée dans mes multiples naissances

Essentielle pour apposer la ville aux ombres détachées des moiteurs

mystérieuses froissant les trottoirs qui semblaient laver des rêves

encore enfants,

Je ne sais quoi dire au vent qui révèle mes visages quotidiens.

Et, si vaste que mes silences, depuis que l’été a forgé ses soleils de

mes yeux, foulé la terre des moissons amoureuses,

Je Déchausse la vie de son passé qu’elle avoue les trahisons de la

beauté quand les poètes lui confient leurs défaites.

J’ai rendu au lieu les mots de la liberté, la rivière et ses ronciers, aux

curieux le supplice de la question.

 

Je ne sais quoi te dire,

Les flots de ton sommeil,

Dans mes veines, ton lit comme je languis

ELLE me chante dans le noir

Ce qui fait rêver de ce monde,

Et passer à la ronde

Tous les parfums du soir.

 

Elle me chante son corps nu,

Les feux et les caresses folles ;

Elle me chante dans le noir

Ce qui fait rêver de ce monde.

 

----

 

Le voyage, ce creux dans la poitrine du noctambule.

La lune refuse les rues de la ville étouffée

Mourant sous la cendre de la nuit.

Le corps cède. Il y a toujours

Sur sa table du papier et ces comprimés qui le trompent

Avec ses poèmes.

Il garde des ratures- noms de femmes,

Rythmes de fièvres- se penche

De chaque bord, le bord de la route, du fleuve,

Peut-être

Le bord de ce creux dans la poitrine,

Frissonnant pour plaire

Aux mensonges de la parade.

Les pas traversent la souffrance d’un rêve invisible,

Brûlent les secrets du deuil et de la nudité.

Il se verse dans la première main qui le cueille.

Le vol des mots ne répare plus la défaite du lit,

Quelque chose de l’oubli s’illumine entre sa voix

Et le sommeil froid des sans-abri.

 

 

 

 

ABEL KABACH

 

Tag(s) : #poèmes

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