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Charles Dobzynski nous a quittés hier. C'était un ami. Un grand poète et un grand lecteur ( et un contributeur)  du Capital des Mots. Toutes mes condoléances à sa famille, à ses proches.

 

Tristesse.

 

 

Eric Dubois

 

 

***

 

La mer invisible

 

La mer est l'invisible que je sonde

Et son ressac dans mes rimes s'entend,

Des vers de Nerval, des sonnets de Sponde,

Un coeur qui bat sous les neiges d'antan.

Mètre entêtant sur un rythme binaire

Un fil sans fin par les mots se délie,

Qui l'a tissé? Guillaume Apollinaire?

Maurice Scève orchestrant sa Délie?

Je sens en moi la poésie entière

Nappe phréatique depuis Villon,

Et sa matière a formé ma manière

Et j'ai germé partout dans ses sillons.

On trouvera que mon décasyllabe

Ce chapelet dont s'échappent les grains

Se vide avec le temps comme du sable

Et qu'il n'est plus qu'archaïque refrain.

Mais la mémoire advient: alors qu'importe

Si ses wagons cahotent sur mes vers

La langue que je parle n'est pas morte,

Sa source est l'alphabet de l'univers.

 

CHARLES DOBZYNSKI 

 

 

Extrait de "Ma mère, etc., roman". Editions Orizons, 2013.

 

 

Charles Dobzynski- Photo de © Clément Moutiez. 2011 - DR

Charles Dobzynski- Photo de © Clément Moutiez. 2011 - DR

Tag(s) : #annonces

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