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1. Deux

 

 

C'est une plus un ,qui veulent n'être qu'un,

Cherche á lui faire plaisir pour lui être proche,

Pour être son unique,

Gagner sa confiance, une fois encore, pour toujours, empreints l'un de l'autre pour n'être qu'eux deux.

Maladresses et blessures á ne former qu'un, quand nous sommes deux,

Passer juste á côté pour qu'il te range á ses côtés, de préférence á quiconque, hèle ton nom pour que tu puisses lever les yeux. Demeurer l'unique autre á être deux.

Deux qui se déchirent á être un chacun, un ensemble,

S'user aux autres en feignant l'indifférence. Résister á l'implacable deux, en silence, sachant

Une fois de plus, une fois encore, toujours répété,

Incessant,

Deux pour de vrai.

Lui souhaiter le meilleur, lui assurer notre présence á ses côtés, malgré la turbulence, des unités et dizaines qui viennent le distraire, á former d'autres chiffres qui n'existent pas en lui,

deux.

 

 

 

 

 

 

 

 

2. Les contrées lointaines se rapprochent sous une nouvelle forme.

Froides et silencieuses, elles me veulent maintenant, après m’être effacée jusqu’à perdre mon identité dans le miroir méconnaissable,

Se plier à l’extrême, s’offrir en sacrifice pour eux.

Ultime écho vivant dans les tréfonds de l’invisible silence, rempli de bruits artificiels.

 

 

 

 

 

 

 

 

3. Bonne route, amis !

 

 

J’ai perdu de longs mois à vouloir m’approcher, à parler leur langue. Je me suis appliquée à choisir les mots qui, pudiques, n’effraient point. J’ai forcé en douceur, essayant de les ouvrir à moi, au monde invisible et indicible, partout présent autour d’eux. Mais ils ont farouchement refusé de tendre l’oreille. Ils ont joué aux offusqués pour éloigner, avec cette délicate politesse, celle qui ne saurait imposer l’inconfortable présence. J’ai perdu de longs mois pour une défaite toujours déguisée, mais qui préfigure à leur vie.

Alors je tourne le dos pour ne pas perdre davantage le temps. Qu’ils traversent leur désert de certitudes et bien faire, qu’ils aillent au paradis des innocents, émouvants dans leurs sacrifices qu’ils croient suffisants, entourés jalousement de ceux au sourire affable.

 

Réconcilier les causes à nos actes, prendre à témoin pour conforter notre pour-quoi.

Pauvres enfants aux mains liées,

Ne savez-vous point que les arbres élancent leurs branches sans certitude d’avoir l’eau pour les soutenir. Nous, nous retenons, nous empêchons,

 

 

Cette force qui éloigne sans attaches.

Une voix qui se fâche de tant de lâcheté, s’amenuise aux mots consolateurs. Contre qui ?

Eclaboussée de ses ignominies

Le piano, ferme, écrase toute défaillance, impose le silence à ces notes vivaces.

 

Le tronc droit, embusqué dans la distance. Vert, son ombre s’allonge aux souvenirs et traces laissés.

Se pencher sur ce papier alors que tant d’autres jouent et se distraient. Corriger, peaufiner, pour donner de grandes leçons ? jamais je ne me suis confrontée à tant de violentes opacités et incompréhensions déguisées. Je dois m’en défaire seule, m’extraire.

J’ai demandé sa force, mais l’alliance retombe aussitôt un pas en arrière, pour s’éloigner. Mince victoire qui ne me laisse me détacher, toujours là, le regard posé, la voix éteinte, le reproche immédiat.

 

Parce que trouver dans la nature les traits et dessins qui retracent exacts, nos limitations, assurent, aveugles, les pas , certains de ne bousculer personne.

 

Léger,

Le refus si cordial et pourtant si ferme. La libre décision règne, et, grinçante, se dilue. N’ayez crainte de fourvoyer sur la route droite, le gris se fond et emplit à ne laisser aucune fissure.

 

Ce que vous faîtes par obéissance, je le fais par conviction. Sans comprendre, vous passez. Cela devrait suffire à être dans le vrai et l’authentique. Moi je les observe, pour ce qu’ils sont, et je le leur rends.

Quelle menace vous éloigne ?

Du passé trahissant vos impressions estompées, pour un futur calfeutré, le confort indolore. Celui qui ne soupçonne l’invisible présence, se voit exonéré du reproche.

Egarés, transperçants.

Parce que s’ils voyaient, ils seraient perdus ?

Sottise !

 

 

 ISABELLE DE ROCHEFORT

 

Elle se présente :

 

 

Je suis née á Paris, j'ai une maîtrise de lettres modernes de la Sorbonne, un diplôme de l'IFP (inst. fr. de presse). En 97 je me suis mariée et j'habite depuis á Séville, Espagne. J'ai quatre filles. En 2012 j'ai publié "Le règne éclaté"( Editions Baudelaire) oú vous trouverez mes premiers textes (écrits sur 20 ans), et ceux écrits á Séville. "J'ai Beau Promettre" (Editions Baudelaire) rassemble les textes écrits en 2012,2013.

 

 Isabelle de Rochefort - DR

Isabelle de Rochefort - DR

Tag(s) : #poèmes

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