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  • ERIC DUBOIS
  • LE CAPITAL DES MOTS ( REVUE DE POESIE CONTEMPORAINE)- ( POETRY BLOG)
  • lecture littérature poésie écriture roman
  • Membre de Hélices.Des livres de poésie chez Le Manuscrit, Encres Vives, Publie.net, Hélices, L'Harmattan. Blog :Les tribulations d'Eric Dubois.Chroniqueur sur Fréquence Paris Plurielle ( Le lire et le dire). Avatar : Photo de Frédéric Vignale.

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A propos de la revue

La revue de poésie sur le Net "Le Capital des Mots" que j'anime, existe depuis Novembre 2007. Une centaine d'auteurs, des milliers de textes. Parmi les auteurs publiés: Max Alhau,Jacques Ancet, Catherine Andrieu, Marie-Claire Bancquart, Emmanuel Berland, Laurence Bouvet, France Burghelle-Rey,  Charlélie Couture, Michel Cosem,Charles Dobzynski, Chantal Dupuy-Dunier, Laurent Fels, Bernard Fournier, Jean Gédéon, Matthieu Gosztola,  Jean-Pierre Lesieur, François-Xavier Maigre, Linda Maria Baros, Henri Meschonnic, Colette Nys-Mazure, Jeanine Salesse, Dana Shishmanian, Dominique Sorrente, Alain Suied, François Teyssandier... Je ne peux pas citer tout le monde...

Auteurs connus, moins connus ou méconnus... Pour me contacter : allez tout en bas du blog et cliquez sur "Contact". Vous pouvez m'envoyer 2/3 textes ( poèmes et/ou nouvelles) avec une brève notice bibliographique. Merci d'avance.

 

 

Bonne lecture !

 

 

ERIC DUBOIS

 

Eric Dubois

 

Eric Dubois est né en 1966 à Paris. Auteur de plusieurs ouvrages de poésie dont entre autres « L’âme du peintre » ( publié en 2004) , « Allée de la voûte »(2008), « Les mains de la lune » »(2009), « Ce que dit un naufrage »(2012) aux éditions Encres Vives, « Estuaires »(2006) aux éditions Hélices ( réédité aux éditions Encres Vives en 2009), « C'est encore l'hiver »(2009) , « Radiographie » , « Mais qui lira le dernier poème ? » (2011) sur www.publie.net, « Mais qui lira le dernier poème ? » aux éditions Publie.papier (2012) , « Entre gouffre et lumière » (2010) chez L'Harmattan ,« Le canal », « Récurrences » (2004) , « Acrylic blues »(2002) aux éditions Le Manuscrit. Participation à de nombreuses revues. Textes inédits dans les anthologies Et si le rouge n 'existait pas ( Editions Le Temps des Cerises, 2010) et Nous, la multitude( Editions Le Temps des Cerises, 2011), Pour Haĩti( Editions Desnel, 2010) , Poètes pour Haĩti(L'Harmattan, 2011), Les 807, saison 2( Publie.net, 2012), Dans le ventre des femmes( Bsc Publishing, 2012) ... Responsable de la revue de poésie en ligne « Le Capital des Mots ». Blogueur : « Les tribulations d'Eric Dubois ». Chroniqueur dans l'émission « Le lire et le dire » sur Fréquence Paris Plurielle (106.3 fm Paris) depuis 2010.

 

 

http://ericdubois.net

 

http://ericdubois.info

 

 

 http://le-capital-des-mots.fr

 

 

 

 

 

***************************************

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ESPRITS POETIQUES n°2 - LE CAPITAL DES MOTS 

Choix de textes par Eric Dubois. 22 AUTEURS PARMI LES AUTEURS 

DU CAPITAL DES MOTS

EDITIONS HELICES . Prix : 9 €  Pour se le procurer :     http://www.helices.fr

 

 

 

 

****************

 

 

Le CAPITAL DES MOTS  est recommandé sur RUE89 ( dans Ailleurs sur le Web - Poésie)

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Samedi 18 mai 2013 6 18 /05 /Mai /2013 10:54

 

Alangui de sommeil

 

 

 

 

Plongé
pensée assoupie
dans la nuit souveraine du sommeil sans fin

 

tu regardes
tête en fuite
la nuit de mort tombée sur tes yeux

 

&

 

Solitaire
cœur serré

 

tu fixes
lointain révélé
l'horizon de ta pensée assoupie

 

tu t'abandonnes
larmes arrêtées
à la vie inanimée

 

&

 

Lassé de l’angoisse de ton cœur qui bat plus vite

 

tu te tues

sans te délivrer

lentement

dans le long temps de ta vie fuie

 

tu vas pour longtemps

attendu à toute heure

dormir

 

&

 

Vie arrêtée 


tu ne bouges plus 
avenir absent 
vers la mort

 

Mourant devenu 
peur dissipée 
faible 


tu résistes

 

&

 

Brisé 
épuisé 
par l'âge

 
tu vas 
esprit affaibli dans ton corps faible 
droit à la tombe

 

Langue empâtée 
regard flottant 
dans la vie conservée 


tu attends 
dans le sommeil sans fin 
la délivrance

 

&

 

Dispensé 
mémoire alanguie de sommeil 
d'étonnement 
par l'oubli

 

tu te reposes 
corps entravé 
près de la mort impossible à esquiver

 

&

 

Livré

derniers restes de vie enlevés

au dernier sommeil

 

tu pars

entraîné en une lourde chute

vers les rives sans formes et sans couleurs

aperçues

 

&

 

Vivant obstiné

jours qui piétinent

dans ta vie arrêtée

 

tu ne bouges plus

avenir absent

vers la mort

 

 

 

 

&

 

Vivant
sans cesser de vivre
qui dort toujours

 

tu vois
tu entends

tu vis


âme tenue solidement par le corps


dans l'obscurité
dans la solitude

 

&

 

Seul avec ta liberté paralysée

 

tu piétines

semblant de vivre

le même lieu

dans la lente agonie

 

&

 

Effacé

douleur ensevelie

du monde

dans le refuge du sommeil connu

 

tu parcours

désir de lutter enlevé

les heures traînantes

 

 

&

 

Inexplicable accepté silencieusement

 

tu entends

plus fort que le tonnerre

le silence

de ses lèvres abîmées

qui disent les paroles silencieuses

 

 

 

 

JEAN-PIERRE PARRA

 

 

 

Des livres de poésie et de théâtre publiés aux Editions Sol’Air et Dessables.

 

Participation (avec des textes) à des expositions, et des installations appelées « Fusion » avec l’artiste Mariannic Parra en France, Italie, Espagne, Taiwan, et USA.

 

 

 

 

 

 

 

      http://www.parra-art.com 

 

 

 

 

 

 

 

Par ERIC DUBOIS - Publié dans : poèmes - Communauté : LE CAPITAL DES MOTS
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Vendredi 17 mai 2013 5 17 /05 /Mai /2013 18:55

 

LES ORPAILLEURS

 

 

L’or n’est jamais qu’un prétexte

Aux faiseurs de miracles

Dans les eaux de verre

Aux ombres des racines

Des hommes portent turbans, fanions, sacs de peau

Le sang des mains leur est lourd et leurs pieds sont meurtris

Avancer.

Vivre en semi dieux.

L’or n’est jamais qu’un prétexte.

 

 

 

 

***

 

 

 

 

 

 

JE SUIS UN PRINCE MAURE

 

 

Je suis un prince maure.

Aux bras je porte les torques des sauvages défunts, au cou

l’anneau noir de la mère orpheline.

Quittons les vastes prairies d’argent, brûlons les hautes herbes serpentifères

et mangeons la terre brune mêlée aux bris

d’armes sphériques.

Là bas, j’inventerai des couleurs, des sons et des beautés.

 

Il est l’heure, au ciel, d’arracher les nuages.

 

Les peuples du Nord blêmiront comme des poupées vierges,

Les chemins feront des étincelles sous nos semelles

victorieuses. Maudits, probablement.

Les crevasses, sur mes mains, déjà se remplissent du jus des

saphirs.

Adieu, Ô race vieillissante, je suis un prince mort !

 

 

 

***

 

 

 

OLYMPIA

 

 

Olympia se prélasse

Dans de grands draps parfumés

Et les grands draps l’enlacent

De leurs bras immaculés.

 

Olympia est vautrée

Sur le divan d’un bordel

En son sein : l’ambre, le miel

Mais les draps ont jauni.

 

Et la soie qu’il y a

Sous sa peau nue, le soir…

Si je suis fou d’Olympia

C’est à cause du ruban noir.

 

 

 

 

 

 

 

 

JULES MASSON MOUREY

 

 

 

 

Jules Masson Mourey est né le 28 septembre 1992 à Schœlcher (Martinique).

A l’âge de 16 ans, il découvre notamment Edgar Poe, Charles Baudelaire, Aimé Césaire et Arthur Rimbaud, desquels il commencera par s’inspirer lors de ses premiers écrits.

Après plusieurs parutions dans des revues comme Libelle, Le Moulin de Poésie ou les Cahiers de Poésie ainsi que la publication, à compte d’auteur, d’un premier recueil : « Le sourire des oiseaux », il aspire désormais à une écriture nouvelle.

Par ERIC DUBOIS - Publié dans : poèmes - Communauté : LE CAPITAL DES MOTS
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Mercredi 8 mai 2013 3 08 /05 /Mai /2013 20:02


Et grandir…


Trois notes de piano
Répétées à l’envie
Une espèce de symphonie
Triste
Et joyeuse, aigrelette
Presque
Trop acide,
De culottes courtes
En jeux de balles
Saut à la corde
Et courses folles
Un lit tout chaud
Pour faire passer la fièvre
Et des billes qui s’envolent,
La peur au ventre des dimanches,
Une drôle d’idée du tour de France,
Crier des chansons en se pensant indien,
Croire qu’il y des armes à feu cachées, prêtes à tirer, dans le trou des boites aux lettres,
Et puis
Définir le monde tel qu’il devrait être
Avec des couleurs qui n’existent pas,
Trébucher sur des accords de grammaire
Ramasser des Zéros, des dix huit sur vingt pour la même idée,
Se damner, se reprendre
Partir enfin sur une mobylette
Se souvenir du passé.

 

 

***

 


yeux

Les yeux damnés de la petite fille
Au cerceau
Qui jouait sur la plage
Vide
Ce regard
Qu’est-il devenu

A-t-elle mangé ses amants
A-t-elle gagné
A-t-elle perdu

A-t-elle seulement joué
Est-ce qu’elle a joui

Est-ce que des pattes crochues se sont posées sur sa gorge
A-t-elle crevé des yeux
Percé des cœurs

Du balcon je pense à elle
En écoutant les vagues
Vague désenchantement
Ivresse de l’écume
A revoir
20 ans plus tard
Ces yeux noirs
Et verts
Qui perçaient
L’univers.

 

 

PASCAL BATARD

 


Directeur technique du spectacle vivant, j'erre dans la poétique théâtrale et la chanson mais mes poèmes sont loin de la sphère professionnelle. J'ai publié dans plusieur revues: l'inédit,Libelle,La page blanche,Franche lippée,Traversées, Soleils et cendre et Le capital des mots.

Par ERIC DUBOIS - Publié dans : poèmes - Communauté : LE CAPITAL DES MOTS
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Lundi 6 mai 2013 1 06 /05 /Mai /2013 11:32

 

 

 

Buttes de Paris où le ciel passe

Silence du printemps qui commence

Sourires d’eau pure cocktails colorés

Lèvres gourmandes d’instants chavirés

 

J’ai rué dans ton corps et dans ta vie

Jeté la fiche d’hôtel

           et gardé le reste

 

             la douceur de tes cuisses

             la chaleur de ta bouche

             l’accueil de tes seins

             les caresses de tes mains

             et le goût de ton sexe

                diamant de ta vie

 

Quelques heures d’éternité

   marquées de nos chairs

          reviendront

Si je viens de loin

    avec ma peur

      et

       un nœud à faire

           dans ta mémoire

 

           notre désir

                     simplement

 

 

             (envoi :

 

Tu m’as parlé et ta voix claire

  Tes yeux noirs ton corps tremblant

  Etaient là rien d’autre à faire

  Que de t’aimer comme un dément

 

                                           )

 

 

 

***

 

 

 

 

 

 

Sombre et terne comme la pluie

            D’automne

Je somnole l’après-midi

Et seul le bruit de ta voix

           Qui sonne

Pourrait me sortir de là

 

 

Car je suis si las hélas

            Tu sais

Fatigué par tant de pas

Le temps passe fleurs d’été

         Fanées

Dernière torpeur à tuer

 

 

 

***

 

 

Attente bleue du train cachant

Les heures pleines de l’écharpe

Vieille la brune en souriant

Et tous ses pleurs qui m’échappent

 

 

Sous la guitare de ses doigts

Frôlé par son jardin secret

Je songe à mon prochain trépas

Enserrant mon sexe dressé

 

 

Assis sur la banquette sale

D’un RER bien rénové

De ma mémoire sentimentale

Je plante un nouveau projet

 

 

 

NASHTIR TOGITICHI

 

 

 

 

La cinquantaine, psychologue clinicien, travaille dans différentes institutions. Ecrit de la poésie pour vivre, comme, par exemple, d’autres peuvent pratiquer la méditation. A lu Michaux, les surréalistes, des poètes plus anciens aussi.

Publications sur le net : http://www.le-capital-des-mots.fr/

http://www.francopolis.net/rubriques/coupdecoeur-textedecembre2012.html

http://www.paperblog.fr/4460482/le-capital-des-mots-nashtir-togitichi/

 

 

Par ERIC DUBOIS - Publié dans : poèmes - Communauté : LE CAPITAL DES MOTS
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Mercredi 1 mai 2013 3 01 /05 /Mai /2013 14:18

 

2012-12-17-15.50.57.jpg

 

© Eric Dubois

 

 


 

 

 

 

 

Dans la pierre

le silence

 

 

Le muet frémissement

du temps

 

Toujours à la recherche

du soleil

 

 

Les regrets arbitrent

les drames intimes

 

Quand l'idée de la mort

demeure une obsession

 

S'isoler du monde

ne répond pas

 

 

***

 

 

On est con

silence tamisé

 

 

Lumière objective

terrasse de l'ennui

 

 

Soleil du vent

à froisser les paupières

 

 

Le ciel se lamente

sur des jambes de terre

 

Dessin du moment

rétrécissement du cadre

 

Horizon surfait

caricature de l'oubli

 

 

Fascination

l'image se délite

 

 

 

 

***

 

Obscur sera le chemin

d'abord le rire

 

Nous espérons

 

 

La pluie balance

ses hypothèses

 

Ensuite les larmes

 

 

Nous regardons

le fleuve

 

L'eau sinue

 

Des mots répareront

l'oubli un temps

 

 

***

 

Schizophrénie des années quand le temps est le métronome de mots impossibles. Schizophrénie du temps quand on glisse dans le sas du rêve.

L'éclat du mot dans l'écart des gestes drapés de silence et de promesses salines.  Le silence est le prédicat des mots. Les mots sont en dehors du sens. Ils sont la volupté de l'exemple. Nous dansons dans l'invisible à quêter le visible.

 

 

 

 

 

ERIC DUBOIS

 


 

 

Eric Dubois est né en 1966 à Paris. Auteur de plusieurs ouvrages de poésie dont entre autres « L’âme du peintre » ( publié en 2004) , « Allée de la voûte »(2008), « Les mains de la lune » »(2009), « Ce que dit un naufrage »(2012) aux éditions Encres Vives, « Estuaires »(2006) aux éditions Hélices ( réédité aux éditions Encres Vives en 2009), « C'est encore l'hiver »(2009) , « Radiographie » , « Mais qui lira le dernier poème ? » (2011) chez Publie.net , Mais qui lira le dernier poème ? » (2012) chez Publie.papier  , « Entre gouffre et lumière » (2010) chez L'Harmattan ,« Le canal », « Récurrences » (2004) , « Acrylic blues »(2002) aux éditions Le Manuscrit. Participation à de nombreuses revues. Textes inédits dans les anthologies Et si le rouge n 'existait pas ( Editions Le Temps des Cerises, 2010) et Nous, la multitude( Editions Le Temps des Cerises, 2011), Pour Haĩti( Editions Desnel, 2010) , Poètes pour Haĩti(L'Harmattan, 2011), Les 807, saison 2( Publie.net, 2012), Dans le ventre des femmes( Bsc Publishing, 2012) ... Responsable de la revue de poésie en ligne « Le Capital des Mots ». Blogueur : « Les tribulations d'Eric Dubois ».

 

 

 

  

 

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Mercredi 1 mai 2013 3 01 /05 /Mai /2013 13:39

 

Une bonne descente.

 

Trop froide l'eau qui monte jusqu'à mi-cuisse ! C'est pas rassurant. Est-ce que ça va continuer. Hésiter quelques secondes, tourner les pieds c'est encore faisable, rejoindre la plage immense, oui et rester sec du torse. Au niveau du nombril, une ligne mouillée se dessine et serre comme une ceinture, et quand cette putain de ligne sera immergée, ce ne sera plus possible de ressortir, jamais. Devoir faire gaffe, rester immobile, continuer à infuser des pieds au nombril dans la mer glacée. Ne pas s'enfoncer davantage. Sa tête vacille, il ouvre les yeux, elle n'a pas bougé. Qu'est-ce qu'elle pourrait sortir de ce rêve, les femmes sont tellement intuitives, elles. Si quelqu'un pouvait comprendre quelque chose à ce fatras, ça pourrait être elle... Souvent ce que l'un termine, l'autre le recommence. Dans le fond, il sait que rêver ne sert à rien.

 

Quoi, dans sa main la Pelforth est déjà vide. Les doigts serrent le métal qui se déforme. Il l’additionne aux canettes qui s'entassent au milieu de la table. Ne se rappelle même pas l'avoir descendue. Faut qu'il raconte ce rêve à la femme assise de l'autre côté. Sa langue pique, son gosier râpe, il a la chair de poule, s'en jetterait bien une autre, une fraîche cette fois, avant de parler. Faut qu'il lui dise. Depuis le retour du marché, l'ambiance n'est pas marrante. Ca fait longtemps qu'ils ont franchi le seuil de l'appartement avec un caddy chargé. Il avait dit des trucs importants, elle avait jacassé, ils parlaient trop en revenant des courses, ce qui compte c'est pas le blabla, c'est les actes. Depuis un sacré bout de temps le silence règne dans la cuisine. Son rêve, c'est l'idée en béton pour relancer un quelconque dialogue. Un truc qui allégerait un chouïa l'atmosphère. Mais desserrer les lèvres pour enclencher la parlotte, tenter de remettre des points sur les i alors que des images de plage et d'océan se délavent dans sa tête, rien que l'option de descendre sa mâchoire pour lancer le premier mot, à l'avance ça le crève. Il frissonne. Juste une petite bière le remettrait d'équerre, quand même pas la mer à boire... S'il en reste encore dans le frigidaire... Faudrait se pousser pour aller vérifier. Une envie aux ailes duveteuses sort de son crâne pour voleter jusque dans le frigo et faire le tour du propriétaire, non mais, y en a plus, elle s'est jeté la dernière sans qu'il fasse gaffe. Sur et certain, elle l'a bue. Pas question d'aborder le sujet tout de suite avec sa langue collée au palais, qu'est-ce que c'est pénible, des hirondelles aux becs pointus ont fait leur nid dans le fond de son gosier (ah quelle idée tordante), sinon comment expliquer que ça gratte à ce point. Avant que la lune s'efface de la fenêtre, ça le botterait de parler de cette plage infinie et de lui immobile au milieu de l'océan, sinon il restera tranquille jusqu'à la lumière progressivement aveuglante du petit matin. Il aurait dûse pieuter juste après minuit, quand elle faisait claquer les portes des placards à la recherche de la foutue poêle. Minuit, le passage étroit avant que les carrosses ne se dézinguent. L'avantage de ne pas dépasser minuit, c'est être raccord avec le lever de jour. Sans casque à boulons à même le crâne.

 

Depuis qu'il a fermé la porte à double tour après les courses, c'est simple, il n'a même pas fait gaffe à l'heure. Et ça a défilé, une frétillante ribambelle de minutes et de temps passé à quoi finalement, quoi qui vaudrait la peine d'être retenu ? Pas grand chose d'aussi palpitant que l'eau n’arrêtant pas de monter quand ses pieds s'enfonçaient tous seuls. Remettre vite fait la main sur une roteuse, la déshydratation guette, elle va le remettre d'aplomb et éteindre définitivement le feu dans la gorge...Tiens, derrière la masse scintillante des éclusées, il n'y resterait pas une, oui, une pas décapsulée, intacte, celle-là, bien sage, qui l'attend. De l'autre coté de la table, posée juste à côté l'autre ignare qui marine dans son jus. Une bien fraîche, avec de jolies gouttes, pas cabossée, la dernière. S'il demande qu'elle lui donne, ça fera reprise de dialogue, ça casserait le silence...autant que la situation se décante d'elle-même. Quand le fruit n'est pas mûr, rien ne tombe de l'arbre (oui c'est exactement ça, sa vie en une phrase).

 

Furtivement il l'observe avant de fixer la bière. On n'a pas idée d'avoir aussi peu de lumière dans les yeux. Ou alors ses yeux s'éteignent juste quand ils sont réunis. Par instant, y avait une étincelle dans un recoin des pupilles, peut-être qu'ils étaient sur des ondes voisines, des traces parallèles, des envies flottant passagèrement ensemble... avant que leurs mots retombent, comme des crêpes ratent une poêle, avant que les mots aplatis fassent pan dans la gueule et qu'après le troisième pack, il préfère se la boucler. D'ailleurs la poêle, elle n'a toujours pas remis la main dessus. Les femmes ont souvent des cerveaux de moineaux. Lui a des envies simples, comme déguster des crêpes. Ils avaient ramené tout ce qu'il faut du marché, sans oublier le lait. Ne plus y penser, chasser ces sacrées crêpes qui le font gargouiller, les effacer... Ecluser, ça sert à quelque chose. Dans la vie faut faire les pauses qui s'imposent et raison garder. S'il se lance, elle va répondre un truc, pas trop envie qu'elle l'ouvre, du coup il verrait ses dents, au moins celles du dessus. D'ailleurs, son incisive n'est peut-être pas tombée finalement, pas de raison qu'elle ne tienne pas comme une pêche s'accrochant à sa branche en plein août. Il a juste besoin de se remettre à flots, de se détendre, pas grand chose. Une p'tite la plus froide possible, lisser les nerfs, calmer la gorge, éventuellement nourrir les hirondelles ( oui c'est important de mettre à l'aise les invitées ); et après il pourra envisager de raccrocher les wagons, mais à son rythme. Dans la vie, faut viser le milieu, trouver le juste point d'équilibre: avoir une bonne descente au hasard, mais pas une descente à pic. Point trop n'en faut, depuis toujours sa devise. 

 

Il éternue. Des cavités nasales, une matière épaisse glisse et et s'écrase sur la langue. Que se passerait-il si, à l'intérieur de sa peau, muscles et boyaux se transformaient, s'ils se liquéfiaient par exemple ? Coulées et disparitions des chairs. Une toux le secoue, sa main se pose machinalement sur sa bouche, raclure de gorge, un crachat épais s'écrase dans sa paume, il regarde cette chose gélatineuse en faisant la grimace. D'une voix de feuille morte, elle demande qu'est-ce qu'il y a. Curieux comme cette masse verdâtre est sortie aussi brusquement de sa bouche. Un crachat compact comme une olive noire. Comment lâcher un truc aussi petit quand on est connecté avec l'infini, sidéré par l'infini...Le huit allongé qui monte et descend sans stopper, (ça c'est bien trouvé). Faudrait ressortir cette vision puissante un jour. Ses doigts se replient sur la glaire gélatineuse.

 

Au bout de la table, le contour de la canette se précise, la netteté du cylindre s'accentue et vibre derrière ce tas d'emballages vides formant une colline, non plutôt une montagne métallique aux couleurs acides, un truc infranchissable... Ils ont pas mal picolé, mine de crayon. Il transpire. A défaut de parler, il avancerait le bras vers l'extrémité de la table, sa main flotterait doucement au dessus de la montagne, l'autre ferait encore semblant de ne pas s'intéresser, continuerait à faire la statue en regardant dehors ou une tache rouge séchant sur le lino ou elle dormirait, (mais comment peut-on roupiller assise, sérieux ). Mince, ce serait pas drôle, pile à l'instant où il sentirait sa bonne humeur naturelle revenir au galop. Elle n'ira pas encore continuer à gâcher sa nuit. Cool et logique qu'elle soit en train de cuver, les femmes ont un métabolisme différent. L'air ne vibre pas d'un pouce. Que le grand Cric le croque, si d'ici cinq minutes, il ne reprend pas la dernière canette et les choses en main. Ses boyaux tordus dansent la java, ça trépigne furieusement dans le bide, tout en pente il l'avalera pour rassasier et la langue en carton et l'estomac tiraillé, le larynx desséché et les piaillements silencieux qui parcourent sa carcasse. Elle lui fera du bien partout, cette connasse. Envie de se moucher. A la saint-glinglin les volatiles avides se seront cassés de son gosier, avec l'éradication de la grande soif. L'amertume c'est pareil que le reste, y a un juste milieu (mais d'où lui viennent toutes ces bonnes idées, faut faire démarrer l'enregistreur dans sa tête).

 



La dernière goutte avalée ferait un bien fou. En vrai, la vie est tellement simple, de la mousse légère et du pétillement suffissent pour péter la forme et que tout rentre dans l'ordre, un vrai bonheur, même les yeux opaques de l'autre et ses reniflements ne seront plus si crispants. Ce serait pîle ce qu'il faut pour recaler la course des éléments. L'air perdrait sa densité, la respiration s'allégerait, il reprendrait le dessus une bonne fois pour toutes, que des cartes gagnantes dans la main. Une fois la bière avalée et le rêve craché, pourquoi pas décoller de la cuisine. Scotchée elle va être, une créature engluée ras du sol, quand il verra tout de si haut...Mais qu'est-ce qu'elle a à le mater avec des yeux de vache, il se passe quoi dans sa petite cervelle...Elle va ramer longtemps...Elle ne sait rien, même pas où est la poêle, ni que les pôles sont en train de fondre...Exactement, en train de fondre, en ce moment précis. Et que des îles, bientôt, des îles, dans pas longtemps, tout un tas d'îles va être rayé de la carte comme ça...Il claque les doigts.

 

Derrière la fenêtre, des nuages se déplacent à une vitesse de d'escargot, elle discerne leur traînées grises. Des instants de ciel, zones légèrement fades, du foncé tirant jusqu'au violet, des masses cotonneuses pas pressées, ses yeux ne finissent pas de suivre leurs avancées floues sans s'en détacher. Des bouts de ciel ouatés aux rondeurs en expansion. Il lance : - Hé, la bière sous ton nez, tu la passes. Elle l’ennuie tellement. Elle le salit.

 

 

         Tout, jusque là, était habituel. Ce qui est arrivé, ce jour là, il n’en n’a aucune idée. Longtemps après, il s’est souvenu que tous les efforts de son esprit pour contourner cette possibilité là. Ses efforts que la bière recouvrait en grandes lampées.

Sans sommation, sans alerte, sans prémonition, dans ta vie de tout le monde, elle surgit. Celle, que tu appellera après, la malédiction, mais pas sur le moment. Parce que, sur le coup, c’était impossible, même pas quelques syllabes surnageant sous ton crâne pour la désigner.

Ce matin, l’écho d’un claquement de porte qui se referme et quelque chose l’achèvera.

 

 

        Un bain brûlant pour se détendre ? Avec de la mousse bleue vif dedans ? Ça peut marcher…L’eau mousseuse envahit la baignoire jusqu’à ras, ça déborde. Le shampoingtombe. Une blatte  grise cachée derrière file derrière les lavabos. Il ferme les yeux.  C’est chaud comme la mer des Fidji. Quand ça devient trop  tiède, il cherche le siphon et tire. L’eau s’engouffre. Tout le bain se vide dans le trou obscur avec des slurps. L’aspiration agrippe ses pieds. Tu glisses un peu. Les orteils sont coincés. C’est quoi ça ? Dans le tuyau craquant de partout, tu glisses encore, engouffré dans une nouvelle nuit.

 

        La lumière dorée, du sable, des bois flottés. Un roulement de tambour s’amplifie, les tympans qui vibrent, une multitude de minuscules frottements sous la plante des pieds. Détaler à toute berzingue, les genoux en dedans, dans l’haleine salée de la vague, bondir plus loin, oublier quelques secondes les murs d’eau mouvants, tes sauts ralentis par le mouillé sous les doigts de pieds.

        Tu invoques : pouce ! me réveiller maintenant, c’est pas du jeu. Pouce, la plage, c’est possible sans ces vagues, la grise qui vient d’exploser sur ta nuque, la frémissante qui se relève au loin, la verdâtre qui fait le dos rond alors que tu frissonnes, la lointaine dont tu pressens le poids rien qu’au courant visqueux qui chatouille tes reins. Juste le temps de te retourner, les jambes s’entrechoquent, courir dans l’eau, tu ralentis, des fils filandreux frôlent tes chevilles. D’accord, renoncer à l’océan, la plage, elle est où ? La longue bande de sable n’est plus visible entre les rouleaux, ton dos en a la chair de poule, te remettre à courir en forçant sur les genoux pour sortir de l’eau. Tu t’assèches de l’intérieur pendant qu’une barre de vagues écrasantes surgit dans sa ritournelle agitée de fracas. Cœur emballé autant que pieds enfoncés. Tu glisses, les algues, courir encore vers le sable, mains en avant. Tes genoux s’entrechoquent dans l’aspiration sifflante de reflux. Dans le fond, ça se rétracte ou vacille.

        Devant, la limite mousseuse de la première vague te paraît plus loin, mais elle recule, c’est pas possible, l’écume s’enfuit à la vitesse d’un cheval au galop. Tu tangues en arrière, pas question de reculer. Tu cries : pouce dans le fracas, c’est pas du jeu, alors que tu devrais avancer, que tu devrait être arrivé sur du sec. Tes doigts de pieds sont plantés en griffes dans une base molle. Tes jambes devraient s’élever avec légèreté, et pas engluées dans d’inconstants courants. Tu penses très fort à là où te réfugier, mais ça n’empêche pas regarder derrière, tu commences à tourner la tête. Une dizaine de seconde avant de la voir, tu l’entends. Lent craquement qui se déplie avec rondeur, parfum de moisi, afflux d’algues poisseuses qui frôlent mollement tes mollets.

        Instant tranchant, où déployant ses tonnes d’eau mais sans hâte, elle arrive, la vague. La bouche ouverte, s’écraser, en dedans tes genoux raclent le fond irrégulier, lampée d’océan, sel partout. Ca te mord, toi debout et assommée à la fois, la bête ne prend même pas le temps de t’achever, te choppe entre des murs d’eau qui s’effondrent, ta tête explose, immédiatement, parce que c’est là, la chape épaisse qui se déverse et te saisit vif, plus un gramme d’oxygène entre dans tes narines, elle t’a retrouvé la malédiction. L’engloutissement replie ses ailes et pointu est le bec qui te déchire le ventre. Si jamais tu avais cru pouvoir goûter encore  à ta vie normale, la vie des autres, cet acharnement glacial te choppe, par les tripes, définitivement. Et ta gorge asséchée envahie de cendres sans pouvoir déglutir.

 

       Langue rétractée qui hurle le silence. Plus de souffle. Peau tendue qui craque, déversant des laves suintantes. Epaules, qui se hissent pour protéger tes oreilles. Cou s’affaissant parce que ton ancienne peau ne peut pas y croire. Cage thoracique pétrifiée, un étau de plus. Qui te cloue net et aucune articulation qui ne bouge. Quelques misérables sursauts, en apnée tu vomis pendant qu’un liquide piquant coule le long de tes jambes. La bête ne se suffira pas de ta carcasse. Tremblements suffocations, des uppercuts te creusent au plexus. Le cœur va basculer, c’est sur. Ça explose dans la poitrine. Que s’arrêtent ses battements de gifles. Pourvu qu’un soulagement, une douceur, le miel de l’absence. Qui cautériserai la brèche, la crevasse mutilée qui n’arrête pas de se creuser. 

 

       Même pas.

 

       Le cœur tangue et tient et tout qui se disloque sauf la viande. Devenu ombre d’un fantôme, tu bascules, personne ne te regardera plus dans les yeux, on ne te serrera plus la main, se contentant de te saluer par des mouvements tremblés. Ta dépouille même ne rassasiera pas les mâchoires, t’as pas assez encore payé avec ta douleur, si jamais c’est une conjuration. L’extrême chaos du vivant mène la danse, rien, ah oui, tu n’es rien. Perdition enclenchée. S’extirper de l’insaisissable glaciation n’est pas au programme, tu ne le réaliseras que plus tard. La malédiction danse sa violence aux multiples masques. Aspirée par son imperturbable étreinte, ta chair chavire sous ta peau. Entièrement emportés dans le siphon du dedans, tous tes liquides refluent aspirés par l’inlassable démon. Des micro fissures apparaissent dans chacune de tes cellules, une à une, en surchauffe et désorientées elles vrillent sur elles-mêmes. Vile poussière siphonnée, ton esprit se recroqueville au fond. Ton corps de sédiments, il survivra bien sans toi

 

       Quand ton œil gauche s’ouvre dans un bouillon, des bulles, un voile rouge vif, vers le haut, un éclat. Un coup de talon, coup réflexe, et toi propulsé vers le haut. Sorti du bouillon. Sans cesse appuyer sur la plante des pieds pour ne plus être aspiré et repartir vers les profondeurs. Lutter contre l’aspiration de chaque reflux. Dans le tourbillon, de saut en avant en tremblement, tu t’extirperas des vagues mais pas de la peur. Tu progresseras lentement vers le ferme, en rêvant de passer les mains sur tes paupières pour enlever le sable collé aux paupières. Sur fond de rugissements sourds, les tonnes de liquide qui, lointaines préparent leurs prochaines charges, brassant dans la foulée flasque et coquillages tranchants. Au-dessus du nombril le vent te glacera. Un couvercle de nuages noirs se déploiera.

 

Tu flageoleras d’émotion et de joie. Enfin du solide, du plein, du stable sous les pieds. L’air qui remplit les poumons t’irriguera à nouveau la carcasse. Tu prendrais bien ta masse pour exploser ta baignoire. Encore faudrait-il, qu’au bout de tes avant-bras, tes mains soient toujours là.

 



CAMILLE PHILIBERT

 


 

Créatrice du fanzine Toi et moi pour toujours. Anime le blog les807.blogspot.com. Blog perso camillephi.blogspot.com.

 

 

IMG_1377.JPG

 

©  Camille Philibert

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Mardi 30 avril 2013 2 30 /04 /Avr /2013 18:40

 

 

Bornes du rugby renversées

 

 

 

Forces concentrées

sur le ballon porté en tes yeux

 

tu combats

corps crispé retenu de partout

hardiment

 

tu cherches

impatience allumée

la clé du succès

 

&

 

Mamuka Gorgodze  Montpellier Hérault Rugby)

 

Être massif
jamais sur le chemin de la vaine parade
que rien ne trouble

 

tu regardes
jamais détourné du chemin de l'essai à prendre
les joueurs d'en face

 

tu dépasses
douleur anéantie
l'horizon de la force des hommes

 

&

 

François Trinh-Duc (Montpellier Hérault Rugby)

 

Arrêté

Haletant

après le splendide effort

 

tu séduits

barrières de l’imprévisible mises à bas

par l’éclat du jeu

le public éveillé en sursaut

 

&

 

Tomici Nagusa (Montpellier Hérault Rugby)

 

Coureur
sans cesse
jusqu’à perdre haleine
qui laisse le vis-à-vis à sa pesanteur

 

tu montres
impénétrable dans tes démarches cachées
la force abondante

 

&

 

Montpellier-Toulon H. Cup le 19 janvier 2013

 

Vent
pluie
récoltés

 

tu joues
courage à revendre
dans la même boue

 

tu joues
force physique honorée
sans repos

 

&

 

Rangs disjoints
fendus
entrouverts
dans la rude épreuve des hommes

 

tu laisses passer
volonté ployée
l'onde des trois-quarts qui t'échappe

 

&

 

France-Italie Rugby Tournoi des 6 nations le 4 février 2013

 

Forts
avec la même résistance
partout

 

ils jouent
un plus enragés
pour faire naître la faiblesse

 

ils fatiguent
par l'éternelle poussée jamais économe
les corps accablés

 

&

 

Devenu
entraîné
puissant
pour résister à tout

 

tu penses
ordre merveilleux gardé au milieu du désordre des corps emmêlés
toutes les combinaisons du jeu possible
pour faire naître
la victoire recouvrée

 

&

 

Benoît Paillaugue (Montpellier Hérault Rugby)

 

Derrière tes équipiers qui continuent
avec énergie
de pousser

 

tu sors
vaillance affirmée
le ballon
des encombrements de la mêlée
qui s'exténue
bien conduite
sans repos

 

&

 

Sans murmures


tu t'abaisses
sans crainte et tremblements
à obéir
pour grandir l'équipe qui travaille la victoire

 

&

 

Dans l'équipe
bien conduite pour vaincre

 

tu avances
pas à pas
épaulé
vers l'embut à atteindre

 

 

 

&

 

France - Pays de Galles Tournoi des 6 Nations le 9 février 2013

 

Résistant
avec tes faiblesses
avec tes vigueurs
à la rude charge des avants

 

tu appelles en vain
harassé de plaquer
les forces
prises dans le courant défavorable
divisées

 

&

 

Mouillé par la sueur
de l'effort cogné au mur des adversaires

 

tu cherches
dans la mêlée qui est sens dessus dessous
le cuir du ballon
qui échappe
à tes mains pleines de vent

 

&

 

François Trinh-Duc (Montpellier Hérault Rugby)

 

Autorisé à chercher
sous la gamme des passes hardies
la liberté
dans les règles du jeu qui emprisonnent

 

tu dévoiles
sans être vu
les forces cachées de tes équipiers

 

&

 

Lutteur fou
combattu
pour récupérer l'impossible ballon

 

tu développes
chemin frayé entre les lignes adverses
la force haute

 

Tu ne renonces à rien

&

 

Angleterre - France Tournoi des VI nations le 23 février 2013

 

Sans cesse
à la poursuite du ballon
dans la situation au pire

 

tu es
liberté du jeu évanouie
réduit à rien

 

tu te fatigues
souffle jamais repris
en vain

 

&

 

Semelles sur la pelouse souple et forte

 

tu restes

inébranlable

sans peur

face à la gigantesque vague des avants

qui va son chemin droit

 

&

 

Douleur moquée
mais force vitale affaiblie
dans les attaques brisées sur les récifs de la défense

 

tu recules
pieds et mains liés au pouvoir des vérités des hommes d'en face conscients de leur puissance
devant le mur dressé adverse

 

&

 

Sans calculer à l'avance
où tu dois déposer le ballon

 

tu soumets
bornes du rugby renversées
tes adversaires
à l'énigme
qui essouffle

 

 

 

 

&

Johnny Wilkinson H Cup Toulon - Saracens le 28 avril 2013

Navigateur dans l'orage

tu te dresses
naufrage adverse alimenté par ta botte
sur le chaos

tu rends l'adversaire
clarté dans les yeux
captif de te prodiges



 

 

 

 

JEAN-PIERRE PARRA



 

Des livres de poésie et de théâtre publiés aux Editions Sol’Air et Dessables.

 

Participation (avec des textes) à des expositions, et des installations appelées « Fusion » avec l’artiste Mariannic Parra en France, Italie, Espagne, Taiwan, et USA.

 

 

 

 

 

 

 

  http://www.parra-art.com 

 

 

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Mardi 30 avril 2013 2 30 /04 /Avr /2013 08:05

 

 

 

 

TRANQUILLE ET PENSIF CETTE NUIT

 

 

 

 

Ohé! le vide étoilé qui nous tourne le dos! O univers! toi qui a depuis longtemps grand soif d'amour, considère-moi comme ton ami!

Petit à petit, le paradis perdu qu'est le jour en mouvement s'est vidé de sa poudre d'or. Errante je ne sais où, l'âme humaine a-t-elle été chassée d'ici par un terrible malheur? Décidément l'homme est indigne de lui-même. Doit-il se racheter de ses fautes dans la solitude? En tous les cas le jour a été sacrifié par le Tout-Puissant sur l'autel du temps qui passe, et ce, aux grillons chantants et à la bouche secrète et mystérieuse de la rumeur lointaine, afin que la lumière solaire s'épanouisse au petit matin.

La délicate primevère s'évanouit dans les fougères sous la charpente de châtaignier grinçante de la forêt. Alors que des rayons de lune se baignent dans la rivière qui, de toutes ses forces, trace son chemin dans la saulaie noyée, une nouvelle Inde se trouverait par miracle quelque part dans l'immensité de ce ciel, où des voyages se préparent et où maints fossiles brillants s'étalent, que cela n'étonnerait nullement le commun des mortels! C'est autour d'une oasis d'astres qu'un désert s'étend indéfiniment depuis toujours. Où Dieu vit au beau milieu d'un jardin de lustres suspendus à un plafond d'encre...

Et si le jour s'éveillait maintenant, garni de mie d'or avec sa croûte magmatique, aux ombres inertes et rougeoyantes? En voyant les premières taches du levant recouvrir la place du marché, le poète que je suis, devenu marchand d'étoiles pour un temps seulement, se dit que, comme le paradis l'a fait à la mort, le matin a entre-temps imprégné la nuit en la marquant de ses dents dorées.

L'aube ressentie est au coeur de tous les départs!

Insoucieux du monde extérieur qui m'entoure, j'ai mis au propre ce poème, poursuivant une mer-veilleuse balade en moi-même!

 

 

 

 

 

***

 

 

 

 

 

 

 

SYLVE TROMPEUSE

 

 

 

 

Me baladant plongé dans la forêt luxuriante, tandis que je revenais sur mes pas après que le jour ait été mis au secret par la nuit, j'aperçus  au sommet d'un petit monticule, ce que je pris d'abord comme étant un cerf blessé. Je crus avoir affaire à un animal mourant, que des chasseurs avaient laissé s'enfuir la veille.

Pour les anciens, c'est à dire les païens, le cerf était sacré. Il permettait  à l'âme d'un défunt de passer dans l'au-delà, tout en les emmenant sur son dos.

Et je voyais une large blessure vermeille pointée dans ma direction, qui semblait demander de l'aide en tremblant pour supplier telles les lèvres d'un mourant. Gravissant le petit monticule, je remarquais une vive lueur rougeoyante dans le taillis qui le couronnait, à l'endroit précis où des branchettes dessinaient à merveille la forme molle d'un grand cerf couché.

Le soleil se levait. Un jour de plus en résultait.

 

 

 

 

 

 

 

JEAN LUQUE

 

 

 

Je m'appelle Jean Luque et j'habite près de Lyon, j'ai la quarantaine et je suis poète depuis pas mal d'années et rentier aussi. Mon premier recueil s'appelle Terre Vierge est disponible à la vente. Mes poèmes sont visibles sur : Le Capital des mots, Poemes-epars.com, Art'en-Ciel, Le Moulin de Poésie.

 

Mon site :

 

 

  http://lapoesiedejeanluque.vefblog.net

 

 

 

 

 

 

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Dimanche 28 avril 2013 7 28 /04 /Avr /2013 17:26

un si long hiver

 

l'hiver patiemment désosse la chair du vif

ne laisse que

la nervure pacifiée

 

ne lace que

la fragilité

 

où nous nous retenons

de disparaître totalement,

 

 

par-dessous les saisons

 

 

*

 

 

la mue sera d’une rudesse

de chèvre

le poil sec et

 

cette tendresse qu’on

sent à plein nez

 

près du petit bois

au ru épuisé

de pervenches

 

*

 

on le dira sorti

des lierres

émis

des alanguissements

d’une fêlure

sur gage

 

le trot lent

de l’enfant

hypnotisé de bleu

 

*

 

c’est l’hiver

qui replie ses longs

voiles d’infante

 

ses leurres de fées

qu’aigris

nous

 

balayons d’une aile

 

 

*

 

fait-il soif sous le

gel

les mains raidies supplient

de bouleter le

soleil

 

au moins son

ombre

 

*

 

 

pourtant

partant

d’un fil à linge

l’air

se regarde choir

à la verticale

d’un

trèfle gris

 

 

*

 

crue

d’une floraison de

flaques

 

comme toute bénédiction

pour nos godasses

 

parce qu’autrefois

 

*

 

sur le seuil

morne peine

vive la pie

ses noix

gavées de becs

affamés

 

 

*

on écueille

les rigoles

les avaloirs

ces yeux noirs

d’une terre aveugle

 

puis d’un crachat

nous soustrayons

l’espoir

à nos ténèbres

 

 

*

 

le soir gagne

en mauve

ce qu’il perd

en sollicitude

 

nos rages

tardent

à soigner leurs engelures

 

 

FLORENCE NOËL

 

 

 

Poétesse. Textes en revues. Blogueuse : http://pantarei.hautetfort.com/

 

Revuiste : Diptyque

 

 

http://diptyque.wordpress.com/


 

 

 

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Dimanche 21 avril 2013 7 21 /04 /Avr /2013 08:02

tout amour invente son éternité.

En calligraphie tactile
et le silence
tout amour
invente son éternité.

vibes silencieux
vibes silencieux
et la musicalité de la nuit
frotte les paysages de la peau
Vibes silencieux
et ce tremblement perpétuel
devient douloureux
devient doux.

 

 

MARIELA CORDERO

 


Mariela Cordero.


Écrivain et poète vénézuélien. Licenciée en Droit de l'Université de Carabobo. Ses publications: Revue littéraire La porte des Poètes, Association Internationale de La Porte des Poètes (Paris, Juin 2008). Anthologie Cuaderno de Legados ( Madrid, Espagne 2011) Membre du Cercle 'International Littérature Vanguard La Lupe. Prépare actuellement un recueil de poèmes.
Plus d' infos sur :
http://legadosediciones.blogspot.com/2011/01/mariela-cordero.html
http://sociedadedospoetasamigos.blogspot.com/2012/01/mariela-cordero-poeta-venezuelana.html

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Samedi 20 avril 2013 6 20 /04 /Avr /2013 11:04

 

PENSER DANS L'ESCALIER

 

1:

Masse nerveuse contenue dans le crâne en sept lettres

 

62:

S’offrir un face à face

 

303:

Regarder

Voir

Se voir et s’empêtrer

 

462:

Continuer

: Respirer

: Faire quelques pas

: Marcher

:

« Bonne idée tiens çà ‘‘marcher’’ / marcher sur une idée / en chercher une / se marcher dessus / faire cent pas / les cent pas / compter les cent pas / un deux trois et cætera / mais un à un / précisément cent pas / arriver au bout / et changer d’idée / compter à haute voix / un deux trois / trop long / compliquons / une fois un / un / deux fois deux / quatre / trois fois trois / neuf / non / deux fois trois / six / six fois six / trop compliqué / compliquons / reprenons la marche / tourner en rond / en dedans / se galoper dedans / se marcher dans les veines / se tourner autour / se courir derrière / arriver au bout et recommencer / à reculons continuer / à reculons ça va marcher / assez marché / marcher assez / marcher sans compter / se compliquer / compter / décompter / en finir avec le chiffre ne plus en pouvoir de la mathématique du temps de la petite comptabilité bien équilibrée de se regarder le solde bien en face / perdre pied / s’agacer / s’occuper à s’agacer / se rire dessus / se penser dessus / penser penser / penser se penser / et dévaler / l’escalier / penser l’escalier / penser en escalier / la pensée dans l’escalier :

sue perle roule déroule glisse coule découle et recoule / décousue désarticulée / abandonne / cherche à nouveau / ça cherche à nouveau / ça tombe et ça chute / en chutes ça dévale et dévalant ça chute / déballant sa chute emballée ça chute et choque le sol / cloc / recommence / à nouveau coule / coule à nouveau / coule foule ouvre et découvre qu’elle croît / croit qu’elle découvre / découvre un couac entre croit et croît / croit de croire et croît de croître / croit croître ou croit croire que croître c’est croire ou croit croire que croître c’est croire croître / réalise qu’elle ne croit ni ne croît et croit décroître de croire croître sur ce couac / quoi / ploie / pas déploie / ploie / déploie le pli et ploie sous le pli / y ploie y plie s’y plie / coincée dans le pli / se replie / se déplie dans le repli / replie plie et déplie le pli et le repli dans le pli et le repli / y va y vient / t’y vas / t’y viens / viens-y / vas-y / perds-t-y / perds-y / si / s’y perd / perdue en ‘‘va-et-vient’’ en ‘‘allant-et-venant’’ y revenant / allant et venant en ‘‘va-et-vient’’ revenants / allant et venant en ‘‘allants-et-venants’’ y revenant / se perdant / s’y perdant en revenant / revenant y revenant en revenant / s’enlise s’enroule s’écoule s’écroule se noie plonge coule disparaît complètement / ressurgit / cherche ailleurs / se fixe / analyse éclaircit obscurcit délaisse et chute / réalise la chute après la chute / quand ça percute et répercute

:

pas d’avant

rien avant

pas d’après non plus

:

recommence

:

sue perle roule déroule glisse coule découle et recoule / décousue désarticulée / abandonne / cherche à nouveau / ça cherche à nouveau / ça tombe et ça chute / en chutes ça dévale et dévalant ça chute / déballant sa chute emballée ça chute et choque le sol / cloc / recommence / à nouveau coule / coule à nouveau / coule foule ouvre et découvre qu’elle croît / croit qu’elle découvre / découvre un couac entre croit et croît / croit de croire et croît de croître / croit croître ou croit croire que croître c’est croire ou croit croire que croître c’est croire croître / réalise qu’elle ne croit ni ne croît et croit décroître de croire croître sur ce couac / quoi / ploie / pas déploie / ploie / déploie le pli et ploie sous le pli / y ploie y plie s’y plie / coincée dans le pli / se replie / se déplie dans le repli / replie plie et déplie le pli et le repli dans le pli et le repli / y va y vient / t’y vas / t’y viens / viens-y / vas-y / perds-t-y / perds-y / si / s’y perd / perdue en ‘‘va-et-vient’’ en ‘‘allant-et-venant’’ y revenant / allant et venant en ‘‘va-et-vient’’ revenants / allant et venant en ‘‘allants-et-venants’’ y revenant / se perdant / s’y perdant en revenant / revenant y revenant en revenant / s’enlise s’enroule s’écoule s’écroule se noie plonge coule disparaît complètement / ressurgit / cherche ailleurs / se fixe / analyse éclaircit obscurcit délaisse et chute / réalise la chute après la chute / quand ça percute et répercute

:

Pas d’avant... Rien avant... Pas d’après non plus ! »

 

 

 

THIERRY ESCARMANT

 

 

 

 

 

THIERRY ESCARMANT:

 

Il débute en 1989 sa formation en danse contemporaine et au butoh auprès de Richard Cayre, Peter Goss, Carlotta Ikeda et Masaki Iwana, tout en pratiquant à ce moment-là des arts martiaux. À la même période, il co-fonde avec Richard Cayre la Compagnie Enfin le Jour, dont il fut l’administrateur et l’auteur associé. Il co-signera avec ce dernier 9 créations avant de développer son propre projet à partir de 2000, avec la pièce ‘‘Déjà si Loin’’.

Son parcours inclut la réalisation de créations lumières, d’espaces sonores, de films vidéo et de textes poétiques et/ou de théâtre, et ce pour plusieurs compagnies dont la sienne.

Par ailleurs, il fut impliqué, sur les phases de réflexion et d’écriture de projets culturels, tels que celui du Pôle Culturel Intercommunal des abattoirs ou, en tant qu’artiste associé, celui de la Maison de l’Étudiant de l’université de Pau.

Il est actuellement directeur de la compagnie Écrire un Mouvement, au sein de laquelle il signe ses créations (mise en scène, chorégraphie et certains textes), propose des workshops et conférences. Enfin, il est l’initiateur de festivals autour de l’oralité et de la poésie (‘‘Un printemps des poètes à Pau’’ et ’’Le grain de la voix’’) dont il partage la direction artistique avec Vanessa Caque (Directrice du Service Culturel de l’Université de Pau).

 

 

 

 

http://www.thierryescarmant.com/

 

 

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Jeudi 18 avril 2013 4 18 /04 /Avr /2013 18:11


Le vrai museau du monde

J'ai enfoui le museau du monde
Dans sa fracture
Je voulais qu'il comprenne
Les paroles sous le porche
Le grand camion du cirque

Il but à sa source
Et les mots jaillissaient
Beaux comme des images

A son air de lumière
Je sus qu'il avait vu
Ta silhouette sur le balcon
Ce geste vers moi hier

Il me charmait
Il était beau ce monde
Puis je m'endormis
Quand il me dit
Du bout du ciel

Constellation


IGOR QUEZEL-PERRON


  Igor Quézel-Perron se présente :

 

 

J'ai 47 ans, école de commerce, après une carrière dans différents secteurs qui m'a fait voyager de la Russie au Brésil, je suis aujourd'hui ce que l'on appelle un chasseur de têtes. Grâce à Michaux, aux haikus, au travail magnifique de Robert Sabatier, je chasse également les mots. La revue Décharge a récemment publié certains de mes poèmes.

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Mardi 16 avril 2013 2 16 /04 /Avr /2013 16:14

 

J'ai cherché la raison

Dans vos crânes incrustés de diamant, __

 

J'ai cherché

Une heure où le sommeil m'emporterait

Heureux de me libérer d'un monde

Qui me nuit, __

 

Nous mourrons solitaires

Sur la terre

Infertile.

 

(Vous irez en enfer et j'irai en enfer)

 

La banquise s'est détachée

Le continent coule, __

 

Nous mourrons tous d'avoir ri aux paroles

De qui nous prévenait,


 

(Déchirez les voiles nous n'irons plus nulle part (et le fou se brisait le crâne))

 

Il était risible

Et la foule me pointait du doigt:

 

                      Que je suis heureux

                      De vous revoir,

                      Ca fait longtemps,

                      Comment va le père, la mère, la famille, l'oncle?

                                   Il est mort.

                      Lequel?

                                 Celui qui avait la barbe blanche du Père Noël.

                      Quand donc?

                                  Aujourd'hui même

 

Et nous

Riions

 

                       Il était si aimable

                       La vie est si courte et oh! Thérèse,

                       Apportez-moi ces petits canapés au foie gras,

                       Ils sont délicieux,

                       Un régal…

 

Vous irez en enfer

Nous irons en enfer.

 

 

 

 

JAD SEIF

 

 

Il se présente :

 

 


Je suis né en 1991, à Paris. Grand passionné des mots et de la parole, des grands auteurs de la littérature, mais aussi de langue orale, je me suis mis à l'écriture en 2008. Céline, Flaubert, Beckett, Apollinaire, Claudel et Rabelais sont mes meilleurs amis, sans prétentions. Après deux ans en classes préparatoires littéraires, j'ai décidé d'étudier le Droit. Beaucoup n'ont pas compris. Mais le Droit, c'est aussi de la parole.

Par ERIC DUBOIS - Publié dans : poèmes - Communauté : LE CAPITAL DES MOTS
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Samedi 13 avril 2013 6 13 /04 /Avr /2013 15:34

 

-un vendredi de pluie-

 

un beau jour ou un autre

s'il me prend de partir

au paquet de poussière à la neige

je dirais

aux regards tenus sous mes pouces

aux histoires de ceux qui n'en ont jamais fait

je dirais au revoir

aux bords des assiettes

et aux taches de vin -il faut bien se saouler-

au revoir

au sac de jute- tabac blond-

à quelques mots serrés dans des livres bouffis

au temps pressé comme fruit mûr

je dirais

 

-il va pleuvoir-

 

j'aurais la transparence

des vieux morts aimés

des fantômes pour les gosses

mais remplirais encore

la gamelle du chat

mêlant l'eau et le lait

en des gestes savants

 

-il pleut-

 

la pluie fera du bien

-aux fleurs- et aux enfants

-aux enfants -et aux fleurs

semés

dans le décor 

 

je vais rester alors

un beau jour et un autre

pour

-apprendre à pleuvoir

-courir dans la poussière

et rêver rêver rêver

comme

un vieux chat

 

bâtard

 

 

 

 

 

CLARA RÉGY

 

 

 

 

 

 

Clara REGY écrit depuis toujours des choses et des choses... Plutôt de nature bruyante et joyeuse, elle un goût très fort, très profond pour le silence et parfois comment dire... les vendredis de pluie...une ombre passe...puis se dépasse...

Clara REGY enseigne la bonne langue de Molière et fait découvrir à ses élèves ... des poètes qui ne sont même pas morts : un comble !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Lundi 8 avril 2013 1 08 /04 /Avr /2013 12:10



Vert ou vert ?

Je ne veux pas vivre
derrière un verrou
un crayon un livre
je vais sans courroux

car s'il n'est pas rose
le monde est ouvert
des rues de la prose
aux jardins des vers.

 

 

****

 

 

Lecture

 

 

 

Du déchiffrage obtus jusqu'au vice impuni :
ptyx,
blaps,
chiffon qui va d'Algol au mot du jour,
bravant fragments de philo, jeux du lexique,
rejoins au cap le havre magique des fables :
pigeon, coq flamboyant...
Vers le jardin chinois, gambade en joie
galope avec l'écho fantasque d'un roman juif
plus gai qu'un chant bavarois.

 

****

 

 

Écriture

Midi !
Qui va — profil bas,
trahir la conjugaison ?
Qui va — parfois,
exhiber au grand jour le mot pioché ?

Je m'inquiète devant la besogne fixée,
j'évoque une phrase, compte :
bavardage, flon-flon !
Je bifurque, déplace, change mon vers...
Chantier formidable, vingt-cinq projets !

Espace mythologique ou fable slave,
je sonde, fignolant mon dit
jusqu'au prochain bivouac.

 

 

 

ANNIE HUPÉ

 

 

Bibliographie : 1 poème dans A-Verse n°7, 1 dans Soleils et cendres n°104.

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