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  • ERIC DUBOIS
  • LE CAPITAL DES MOTS ( REVUE DE POESIE CONTEMPORAINE)- ( POETRY BLOG)
  • france région parisienne
  • lecture littérature poésie écriture roman
  • Membre de Hélices.Des livres de poésie chez Le Manuscrit, Encres Vives, Publie.net, Hélices, L'Harmattan. Blog :Les tribulations d'Eric Dubois.Chroniqueur sur Fréquence Paris Plurielle ( Le lire et le dire). Avatar : Photo de Camille Philibert.

Présentation d'Eric Dubois

Eric Dubois est né en 1966 à Paris. Auteur, lecteur-récitant et performeur avec l’association Hélices et le Club-Poésie de Champigny sur Marne. Auteur de plusieurs livres de poésie dont « L’âme du peintre » ( publié en 2004) , « Catastrophe Intime » (2005), « Laboureurs » (2006), « Poussières de plaintes »(2007) , « Robe de jour au bout du pavé »(2008), « Allée de la voûte »(2008), « Les mains de la lune » »(2009) aux éditions Encres Vives, « Estuaires »(2006) aux éditions Hélices ( réédité aux éditions Encres Vives en 2009), « C'est encore l'hiver »(2009) ,"Radiographie", "Mais qui lira le dernier poème?"  (2011) aux éditions Publie.net, "Entre gouffre et lumière"(2010) aux éditions L'Harmattan, «Le canal », « Récurrences » (2004) , « Acrylic blues »(2002) aux éditions Le  Manuscrit, entre autres. Participations à des revues : « Les Cahiers de la Poésie », « Comme en poésie », « Résurrection », « Libelle », «Décharge », « Poésie/première », « Les Cahiers du sens », « Les Cahiers de poésie », « Mouvances.ca », « Des  rails », « Courrier International de la Francophilie » Responsable de la revue de poésie « Le Capital des Mots».

 

 

PLUS D'INFOS SUR : http://ericdubois.over-blog.fr

 

 

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Scan10022 Scan10021

ESPRITS POETIQUES n°2 - LE CAPITAL DES MOTS 

Choix de textes par Eric Dubois. 22 AUTEURS PARMI LES AUTEURS 

DU CAPITAL DES MOTS

EDITIONS HELICES . Prix : 9 €  Pour se le procurer :     http://www.helices.fr

 

 

 

 

****************

 

 

Le CAPITAL DES MOTS  est recommandé sur RUE89 ( dans Ailleurs sur le Web - Poésie)

 http://www.rue89.com/ailleurs- sur-le-web 


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Mardi 24 janvier 2012 2 24 /01 /Jan /2012 11:51
Entretien médical 

Que se passe-t-il autour de la table
Piqûre de guêpe, aiguillon, tintamarre
Tout cela bute au mur d’une frange penchée
Un hostile, un écran
Que se passe-t-il, à oser évoquer des souvenirs poignants
Ma blouse blanche étroite d’un coup
Mon sourire qui s’efface
Un silence qui joue à cache-cache
Je deviens binôme fantôme
Ajustant la voix off du fil conducteur
La voix sens, la proposition thérapeute, la voix apaisante
Ajustant ce fragile chemin à mes propres rêveries
Au voyage, parfois je me perds, parfois je m’endors
Retrouvant l’écorce rugueuse des arbres
Un tamarin si haut, entouré de rochers ponctués de lichens gris
Où les poules grattent et picorent sans soucis
Dehors le jardin n’a que bouleaux blancs à me proposer
Et les silhouettes floues du brouillard d’après-midi
Je flotte, un mensonge me ramène, j’aimerai crier
Je ne suis qu’un fantôme volontaire, un fantôme à mémoire
Détails à ciseler, à polir, à conserver, à rénover, à rajuster
Je me sens parfois couturière, fil et tissus
Mensonge d’une broderie d’araignée au lever du soleil
Incrustée de rosée


***

Jour de repos, allumez la lampe

Les livres sont muets, ils prétendent que notre voix
Lancée à tue-tête va leur sauver la mise
Qui tue-t-on le silence ou le silence dans la tête
Je te cherche comme des images d’arbres gorgés de fruits
Je cherche le bruissement des pages du verger,léger chatouillis
de l’herbe à côté de l’humide tache brune de la terre qui s’éveille
Je te rêve comme un opéra chanté à tâtons par une chorale
débutante.Dans ma pensée tu es plus qu’un livre unique
Tu es le silence riche, profond, soluble à mes attentes, lumière
discrète en relais du soleil que je contemple étonnée lorsqu’une
nuit tombe doucement dans un décor sépia

***

Les jours des mots

Les jours des mots son comptés
Dans ta bouche édentée
Ils ne sortent plus que le soir
Dans ces moments entre chien et loup
Où la grande vieillesse ressemble
À l’angoisse du nouveau né
Dans un souffle s’éructe ton dernier cheval
Et là notre peuple blanc
Découvre ce que tu as pu mener
en tes racines profondes
Un bel été, des contrées aux franges des catacombes
Les derniers mots qui sortent au grand jour sifflent
Smack d’un mélange, rythme, suspension de tes dernières vapeurs
Je me surprends à t’écouter novice du monde blanc
De ton récit comique et pathétique
Cette infime partie de l’autre que tu as pêchée
Je ne sais comment
Je me surprends à chercher ce cheminement de la communication
Sens qui s’acharne à traverser, de pensée en pensée
Où chacun s’abreuve
Ma langue, celle dont j’ai sucé le suc je ne te l’ai donnée qu’en confettis
Et me voilà ravie de voir un dépassement de ces servitudes
J’avais eu peur de te laisser sans boussole
À l’écart du monde créole, pan de voile d’un métissage
Points sans ancre
À l’écart des tréfonds du monde de France, par ma méconnaissance
Et voilà l’hôpital qui s’anime sous ta bouche
Petits croquis des âmes, entre pastel et gribouillage
Dans le ressenti de ton premier stage



ROSEMAY NIVARD

Au fil de ses recueils intimistes, Rosemay Nivard nous convie à un voyage
en poésie, une poésie du quotidien qui vient rendre compte du fil
conducteur de nos vies.
Des moments où on regarde son paysage
de naissance aux moments infimes que nous avons tous vécus,
la poésie de ses recueils joue à saute-mouton avec
cela.

Est-ce une poésie de voyage, est-ce une poésie de l'âme, il y a
hésitation, en tout cas il s'agit de regarder ( paysages de l'Île
de la Réunion, description de scènes d'hôpital, narration de
son quotidien et de ses participations aux différents salons du
livre ) , de ressentir ( la douleur de l'autre, la joie incongrue,
la souffrance psychique ) de vivre tout simplement ( un moment
dans Paris ).

En tout cas après 6 recueils :Poésie Couleur insulaire, Douleurs et Poésie
Créole, Océan Indien, A Fleur de Peau, Pommes d'hôpital, Exsangue,

un recueil collectif avec Pierre Maréchaux et Laurence Bouvet :
Spiritualités
.

Trois participations à anthologie :Pour Haïti, éditions Desnel 2010,
Outremer, Trois Océans en poésie,éditions Bruno Doucey 2011 ,
Océan Voice,anthologie bilingue .
Et des contributions à de
nombreuses revues.

Nous pouvons dire que Rosemay Nivard est un auteur à lire et à découvrir,
son envie de partager aux différents salons reste toujours visible...

Présidente des éditions Les Xérographes, elle aime témoigner de
l'importance de la petite édition
.

Mise à l'honneur au cours de l'année 2011 ( Fête de l' Outremer )
ses textes ont fait partie du corpus étudié dans les écoles dans le
cadre du Printemps des
Poètes, ainsi le texte Un quart de pomme
a été illustré ( J Perrin) et exposé au passage Saint-émillion à Bercy,
et ses textes chuchotés dans la rue par des passeurs de
poèmes
( notamment Denis Parmain ) et au Jardin d' Acclimatation de Paris
.

Une lecture à la FNAC des Halles ( nouveauté dans
ce lieu ) octobre 2011 avec Bruno Doucey et Daniel Maximin.
Dernières actualités : Salon de Melun janvier 2012, Salon de Saint
Germain Sous Doué : 5 février 2012.




Par ERIC DUBOIS - Publié dans : poèmes - Communauté : LE CAPITAL DES MOTS
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Dimanche 22 janvier 2012 7 22 /01 /Jan /2012 22:21


De Kooning

ce qui a changé dans cette figure ? cette même figure que je refais trente ans après pour toi, mon ami, une cigarette à nouveau coincée entre les doigts ? mais une cigarette sans feu cette fois, tandis que dans mon dos, sur cette autre et vieille photographie sur le chevalet elle se consume. Hans, tu seras fort si j’y arrive, à me reproduire. c’est ça, c’est moi qui suis fort de ne pas changer. qu’importe, mon ami, que mon air soit le même, avec ses pattes d’oie et le doux sourire du prolo viking sûr de sa force et de ce qu’elle bâtit, que ton angle de vue soit le même, que la lumière aussi soit la même, parce que quelque chose d’autre a dû changé. oui, la chevelure n’a plus sa fougue de 53, que d’ailleurs j’aurais pu peindre avec ce tout aussi fougueux pinceau de 53. les cheveux sont calmés, leur feu nordique a blanchi. oui, la peau s’est épaissie. comme les mains. la balistique de l’art, qu’elle existe, elle te dirait comment le corps du peintre s’arme au sein du combat. le vent des pointes l’use. les coups de couteau l’endurcissent. parlons du combat, oui. moi, je vais te dire ce qui a changé. j’ai conquis le territoire que l’effort me créait. une source était à mes pieds au matin. elle me lavait de la peur quand je la buvais. cette rivière clapote encore sur mes talons. je ne m’y vois plus parce que je ne me tourne plus vers elle. une rivière d’alcool. pas un fleuve, non, pas le fleuve de notre ami Jackson. seulement le goutte-à-goutte de mes aubes angoissées. mes hommages, docteur. on vous connaît, vous et vos remèdes qui sont d’autres maux. mais l’important, l’essentiel, comme chacun le sait, c’est de choisir. et vous compreniez, vous, docteur, que ma priorité était peindre, pas la santé. c’est étrange, cette façon de sentir toutes mes autres vies passées pousser contre mes reins comme des enfants pressés. c’est cet espace de trente années que je sens terriblement dans mon dos. cet espace entre cette photo derrière moi, prise en 53, et la salopette rayée que je porte en pensant au jeune paladin de la Cedar Tavern, l’œil fleuri à la veille de sa première victoire. il n’était pas avare de ses rayons, celui qu’alors j’étais, espérant éblouir plus qu’assécher. sous le heaume des hivers empilées, je les sens en retrait, mes yeux, dans leur abri, mais toujours à l’affût. et je crois encore pouvoir me souvenir sans me retourner que le regard de 53 fixait ce que je bénis encore.


***



télévision

au rez-de-chaussée de l’immeuble voisin,
ces deux fenêtres à double battant
forment un tétraptyque étrange.
comme s’il était un symbole furtif.
je crois comprendre.
trois verres sur quatre
sont blanchis par des rideaux tirés
qui leur donnent cet aspect gommeux
d’une vitrine à vendre.
mais le deuxième châssis, lui, est autre.
de ses ténèbres vides naissent et meurent
dans des rythmes capricieux
des aplats télévisuels de bleu, de violet,
de jaune ou d’orange.
et exceptée la rumeur lénifiante
des moteurs de la ville
(mais qu’est-ce que je crois comprendre ?)
c’est tout ce qui entre de vie
dans cette coupe sous les nuages à près de midi.


***



l'orage

il a besoin de marcher quand rien ne va.
aller le plus loin possible. jusqu’à se retrouver seul.
c’est pourquoi il longe la rivière.
il marche. perdu dans sa vie. comme saoul.
à la centrale électrique, les premières gouttes tombent.
à peine perceptibles.
elles s’évaporent aussitôt, car l’atmosphère est une étuve.
puis c’est le centre commercial,
et quelque chose craque dans le ciel.
le diable roule ses tonneaux.
une grosse goutte flasque le frappe à la tête,
cerise liquide échappée d’un bec.
à l’abri d’arbres denses, les oiseaux découvrent
une lumière d’hiver.
une seconde goutte l’atteint dans le cou
et roule sous le t-shirt, saisit sa peau.
il tend une main devant lui, perplexe.
elle n’est pas touchée.
ces gouttes, toutes aussi grosses que rares,
ressemblent à une mauvaise blague.
mais il ne lève même pas le front.
il sait bien qu’il n’y a que le ciel là-haut.
quelques personnes prévoyantes sortent du chemin.
d’autres sont déjà ou encore en faction
derrière les portes automatiques du centre commercial.
il décide de poursuivre jusqu’au pont de la rocade.
arrivé à lui, fini le monde.
mais des couples de quinquas à vélos y ont fait halte.
les casques sont démesurés, les sacoches pleines.
il s’assoit à l’entrée du pont, les laissant à l’autre bout.
personne ne parle. ça y est, l’orage est là.
l’air fraîchit d’un coup. un rideau de pluie s’abat.
au-dessus d’eux la voie express et le ciel grondent.

rebroussant chemin sous la pluie,
il remarque qu’il n’y a plus ni cyclistes ni joggers.
que ses baskets ne sont plus étanches.
sur la rive opposée, des ouvriers fument leur clope
à l’avant-dernier étage de l’immeuble qu’ils construisent.
ils le regardent. peut-être même qu’ils l’envient.
deux grues, d’un jaune surnaturel, font tourner
leurs grandes aiguilles, et descendre et monter leurs charges
vers les collègues aux bras tendus sur le toit.
quand une force soudaine, verticale, le pétrifie.
le comprime. puissante. totale.
le voilà courbé. son sang est figé.
sa chair, ses organes ont été comme tirés vers le sol.
il a cru bondir mais ses pieds sont cloués.
il entend crépiter là-haut. il regarde.
on dirait qu’une torsade de foudre vient de se poser
sur une des lignes à haute tension de la centrale.
un dragon électrique perché une seconde. et puis disparu.
sous ce choc il croit revivre. et il revit effectivement.
aussi longtemps qu’il pense
que ce lieu est maudit par temps d’orage
et qu’il lui faut accélérer sa marche.
quand il comprend qu’au contraire les conducteurs
des pylônes montent la garde sous les éclairs,
toute pression retombe. et la vie aussi retombe.
au point que quand la foudre frappe à nouveau la ligne,
il ne ressent cette fois qu’un doux vertige.
puis c’est fini.
les éclairs et les roulements ne se confondent plus.
l’orage s’éloigne. il arrive.
deux canards quittent la rivière et volent jusqu’à un saule.
un troisième le suit en nageant.
il marche. perdu dans sa vie. comme saoul.

 

 

 

STÉPHANE BERNARD

 

 

  Stéphane Bernard est né à Saint-Nazaire en 1972. Il vit à Rennes depuis 1998. A été publié dans N4728, Verso, Diérèse, Gong, Haïkaï, 575, Les Etats Civils, FPDV, Microbe, Magnapoets.

 

Plus d'infos sur :

 

 

 

http://unemainestaussiunpoing.blogspot.com/

Par ERIC DUBOIS - Publié dans : poèmes - Communauté : LE CAPITAL DES MOTS
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Samedi 21 janvier 2012 6 21 /01 /Jan /2012 23:05

Melancholia

Tourne-toi vers un

centre — un quelconque, pourvu que ceint de figures simples, diverses comme : hémisphères, fragments de cubes, volumes octa-, dodéca-, icosa-

édriques,

tubulures sectionnées par l'âme, en deux fragments

inégaux : simples, toutes

concaves — tourne

vers

lui ce visage transparent, dont les yeux sont fissurés, comme si tu songeais.

 

Cette masse de bras ligneux, gainée de veines en relief

dont les extrémités sont des mains vides, chacune

plantée de cinq doigts, chacune

ouverte inutile :

étends-la comme

offrande,

projette-la au sein d'une obscurité qui appelle — avec des voix, des voix — appelle un

sacrifice.

Vers

quoi ?

Offre-la, dépose-la en dédicace.

A

quoi ?

 

« Toi, sois comme Lui,

sois

personne. »

 

(« L'incendie, l'

être-continuellement-incendié : deviens-

le. »)

 

 

****

 

Crucifixion

Toi, embrase-

toi, afin que l'âme de la bien-aimée ne se perde pas — Le

combustible, dans le « toi » que tu étais, c'est l'âme —

afin que la combustion ne s'arrête pas, qu'elle détruise et détruise.

Brûle .

 

« Au prix du sacrifice, la réalité est vérifiée. » — par

qui ? Dans le cœur illuminé de

qui ?

Un autre te vérifie, un autre parmi ceux qui portaient les bouteilles d'alcool et les silex, cette

nuit.

 

« Afin que l'âme de la bien-aimée ne se perde pas. » —

afin qu'elle soit perdue,

ensevelie dans l'autre

inexistant.

 

Un autre te vérifie, un autre te

crucifie et « l'âme de la bien-aimée », c'est

la face intérieure des clous qu'il enfonçait dans tes veines, et

« l'amour pour la bien-aimée » c'est

les soupirs qu'il exhalait à chaque coup de maillet. « Le Christ, c'est Lui, le sanctifié, le purifié c'est

Lui. »

 

Embrase, consume

le

bois odorant puisque

le sang versé, mêlé à la résine, brûle mieux que l'âme.

 

L'existence seule

est sainte, l'existence seule-

ment est

sainte.

 

****

Fertile

Nous, change « ce que nous sommes » en sang. Fais de nous

matière à

jaillir, matière à

inonder, pénétrer.

 

Du sable trempé adviennent

(Je m'en tiens au plus vraisemblable.) non

mille fleurs dont

les mille corolles blanches

flotteraient dans la

nuit, non

le souvenir de mille fleurs, non

la purification de l'âme par effacement de toute

image, non

le parachèvement de l'âme par l'oubli mais,

plutôt,

rien.

 

« Viens en nous, creuse nous. Sois

comme nous devenons, comme nous sommes devenus, sois

personne. »

 

Ô

Pourquoi.

Pourquoi.

 

 

****

 

Elégie

Un fragment tombe, je

n'étais pas de cœur à en faire état. Toi non plus

donc

c'est bien.

 

D'où

le sol monte et

emboîte son relief dans les empreintes de nos pieds, les

soutient, lourd de limon et de fruits en pourriture et d'autres en poussière, et d'autres dans l'état de maturité parfaite, simples, creux-et-pleins, noires

semences

indemnes.

« Lourd de miracles, de miracles que, à défaut de les comprendre, nous

contemplons. »

 

 

 

Extraits de "Coupures" Inédit

 

ARNAUD TALHOUARN

 

Arnaud TALHOUARN, enseignant et écrivain, a publié des poèmes, des narrations et un texte de critique littéraire dans diverses revues, parmi lesquelles :
« L'Atelier du Roman » n°60 et n°63 ;
« Pyro » n°20 ;
« Revue Alsacienne de Littérature » n°105 ;
« Traction Brabant » n°44 .

 

 

Par ERIC DUBOIS - Publié dans : poèmes - Communauté : LE CAPITAL DES MOTS
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Samedi 14 janvier 2012 6 14 /01 /Jan /2012 21:46

Il y a des échos dans la voix



Un nom prononcé



Quelques palissades

et un champ dévasté



La minuterie



Un panier rempli de victuailles

oublié



La bouche bée d'un mort



Ce que dit un naufrage

 

 

ERIC DUBOIS

 

 

Extrait de " Ce que dit un naufrage" Éditions Encres Vives- Collection Encres Blanches  ( Janvier 2012)

( Éditions Encres Vives, Michel Cosem, 2 Allée des Allobroges 31770 Colomiers )

 

 


 

Eric Dubois est né en 1966 à Paris. Auteur de plusieurs ouvrages de poésie dont entre autres « L’âme du peintre » ( publié en 2004) , « Allée de la voûte »(2008), « Les mains de la lune » »(2009) aux éditions Encres Vives, « Estuaires »(2006) aux éditions Hélices ( réédité aux éditions Encres Vives en 2009), « C'est encore l'hiver »(2009) , « Radiographie » , « Mais qui lira le dernier poème ? » (2011) sur www.publie.net, « Entre gouffre et lumière » (2010) chez L'Harmattan ,« Le canal », « Récurrences » (2004) , « Acrylic blues »(2002) aux éditions Le Manuscrit. Participation à de nombreuses revues. Textes inédits dans les anthologies Et si le rouge n 'existait pas ( Editions Le Temps des Cerises, 2010) et Nous, la multitude( Editions Le Temps des Cerises, 2011), Pour Haĩti( Editions Desnel, 2010) , Poètes pour Haĩti(L'Harmattan, 2011)... Responsable de la revue de poésie en ligne « Le Capital des Mots ». Blogueur : « Les tribulations d'Eric Dubois ».

 

http://ericdubois.net

http://le-capital-des-mots.fr

 

 

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Mardi 10 janvier 2012 2 10 /01 /Jan /2012 07:12
VU DU TRAIN
 



Il va pleuvoir. 
Vus du train 
les arbres se sauvent… 
se sauvent… 
se sauvent… 
vert sombre, 
mauve, 
pailletés de jaune étouffé, 
gifflés, 
courbés 
par le vent. 
Le ciel est presque noir… 
Il va pleuvoir… 
Pire !… 
Il va tomber des cordes !… 
Pire !!… 
Bien pire !!… 
Il va tomber des cables !!… 
Pire pire !!!… 
Encore bien plus pire !!!… 
Il va dégringoler des énergumènes !!!… 
Des énergumènes 
hirsutes, 
nus, 
qui vont déverser leurs arrosoirs 
dans les rues, 
les avenues, 
qui vont se ruer sur les maisons, 
les immeubles, 
les musées, 
les cimetières, 
les gares désaffectées, 
les baptistères, 
les usines de moulins à café,
les châteaux forts, 
les forêts de pistaches 
et les champs à vaches, 
pour ouvrir tous les robinets, 
crever tous les tuyaux, 
éventrer toutes les gouttières… 
Il va pleuvoir… 
Les caniveaux vont déborder, 
se transformer en rivières, 
en fleuves, 
en cataractes … 
les mares, 
les étangs, 
les lacs 
 en océans déchainés… 
les villes ne seront plus que des ruines 
de cités sous-marines 
à travers lesquelles glisseront entre deux eaux 
quelques requins marteaux, 
quelques méduses à carreaux 
et les corps flasques, 
désarticulés, 
sans vie, 
de ceux qui n’auront pas su 
échapper à la crue 
monstrueuse 
de la pluie, 
comme s’échappent du train 
et se sauvent… 
se sauvent… 
se sauvent tous les arbres, 
vert sombre, 
mauve, 
pailletés de jaune étouffé, 
courbés, 
gifflés 
par le vent. 
Le ciel est presque noir. 
Il va pleuvoir… 
Vu du train…

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QUATRE HEURES QUARANTE-SEPT 

Il est quatre heures 
quarante-sept. 
La nuit est noire. 
La rue est vide, 
silencieuse. 
J’écris, 
à demi allongé dans mon lit, 
ce qui me passe par la tête… 
Les couturiers 
sont des enclumes à ressorts mous 
qui avancent à reculons, 
et à califourchon 
à côté d’un bocal à trois roues… 
J’écris. 
L’armoire est entrebaillée… 
Le pavillon du phonographe est une énorme bouche ouverte… 
J’écris… 
Il est quatre heures 
cinquante-deux.

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LE PASSAGE D’ARLEQUIN 


C’est Arlequin qui passe 
dans une musique de crécelles, 
de tambours, 
de trompettes 
et d’étincelles. 
C’est Arlequin 
noyé dans ses carreaux 
et tout à la fois 
Henri Trois 
défoncé par son bilboquet, 
André Citroën 
écrasé par ses voitures, 
Alexandre Dumas 
transpercé par ses mousquetaires, 
Yves Saint Laurent 
englouti par lui-même, 
la féee Bleue 
basculée dans l’espace, 
le petit Poucet 
perdu dans ses traces 
et nos destinées 
dissoutes dans le vent. 
Ainsi 
tout commence 
et tout finit, 
les danses de la nuit 
comme les chants de l’enfance. 
Je saute, 
je rebondis 
de carreau en carreau 
sur le ventre et le dos 
d’Arlequin… 
et de carreaux verts 
en carreaux rouges, 
noirs, 
blancs, 
jaunes, 
je traverse les cubes, 
les sphères 
et les cônes 
de l’existence qui se poursuit 
depuis les débuts de la terre 
jusqu’à aujourd’hui, 
jusqu’à demain, 
jusqu’à la fin. 
Arlequin 
s’allume et s’éteint. 
Je sors un escabeau 
de ma poche,  
et d’encoche 
en encoche 
je descends l’escalier de carreaux. 
C’est la naissance de la mort, 
c’est la mort de la vie 
que je trimballe comme un sac,  
entre mes membres, 
de routes en impasses, 
de ruisseaux en océans, 
de sentiers en ravins 
sans quitter les quatre coins et le balcon 
de ma chambre. 
Dieu est par là, 
peut-être, 
en haillons, 
une canne à la main, 
ou en chapeau melon 
et en guêtres… 
peut-être… 
peut-être… 
L’éternité ? 
Je la connais, 
je l’atteins 
quand je marche, 
seul,
au bord de la mer 
et que le vent de face dérappe sur mon visage… 
je la connais, 
je l’atteins, 
quand je retombe, 
ébloui, 
submergé 
par l’amour 
au bout de ma jouissance… 
C’est une éternité… 
Une éternité de quelques minutes, 
mais une éternité. 
La mienne. 
Arlequin passe 
sur une musique de crécelles, 
de tambours, 
de trompettes 
et d’étincelles… 
une musique de capharnaüm… 
la musique des hommes. 
Plus Arlequin passe, 
plus je m’amuse, 
plus je m’amuse 
plus je ris, 
plus je ris 
plus je meurs… 
nous êtes meurs, 
vous sommes meurs, 
ils ont été, 
ils ont, 
ils auront meurs. 
Tous. 
Meurs.  
Mais je suis le seul, 
ou l’un des rares, 
très rares 
à le savoir. 
Les miroirs 
me dévoilent des fantômes… 
ma mère, 
mon père… 
et d’autres… 
d’autres… 
et moi 
en bretelles, 
sabots en dentelle, 
col de carton 
et casquette à pompons 
dans un bain de néant. 
Arlequin a mal au ventre. 
Il trébuche dans des coussins, 
Arlequin. 
Colombine apparait, 
s’approche, 
le piétine 
et disparait. 
Pourquoi ? 
Qui est-elle ?
Si seulement quelqu’un pouvait me dire qui je suis… 
d’où je viens… 
où je vais !… 
Mais non !… 
Arlequin passe 
avec la mort qu’il porte en lui 
sous les figuiers, 
les amandiers, 
les oliviers, 
les cerisiers, 
le soleil 
ou la pluie… 
Un bilboquet,
 des voitures, 
des mousquetaires, 
une ambition, 
un espace 
des traces, 
du vent… 
 Arlequin passe 
et ses carreaux s’effacent 
par moment 
dans les moqueries des enfants, 
et le dédain des grandes personnes 
en uniformes 
qui le toisent 
et s’endorment  
en brandissant des équerres, 
des compas 
et des tables de miltiplication… 
Arlequin passe 
en dehors des écoles, 
des passages protégés, 
des chemins déjà tracés. 
Je me suis assis, 
j’ai glissé mon ombre sur le torse d’Arlequin 
entre deux carreaux, 
je n’irai plus en classe, 
et j’ai été pris 
d’un fou rire incendiaire 
en voyant l’univers 
d’où de suis. 
Comme passe Arlequin 
nous passons, 
mon ombre et moi… 
Bonjour… 
Adieu… 
C’était bien… 
Sans prologue… 
Sans suite… 
Il me semble que ça se découd trop vite… 
à moins que ce soit usé 
ou déchiré,  
non ?… 
Bonjour… 
Adieu… 
Et nous passons 
dans une musique de crécelles, 
de tambours, 
de trompettes 
et d’étincelles 
entre la fin du monde 
ici, 
et là-bas 
l’infini. 
Ou sont les magiciens et les anges ?  


JEAN-LOUIS GUITARD

Enfance et adolescence à Antibes. Commence très tôt à dessiner.
 Monte à Paris au début des années 60.
 Dessine sans cesse, étudie toutes les approches possibles des sujets les plus opposés par le biais des   différentes techniques du crayon, de la plume, de la mine de plomb.
 Adopte l’encre de Chine, pointe (Rotring), plume et pinceau, à partir de 1976.
 Expositions personnelles et de groupe se succèdent dès 1977 en France et à l’étranger.
 En 1984, première exposition personnelle à Paris, à la Galerie Visconti. Dès lors, cette galerie lui consacrera une exposition chaque année jusqu’au décès de son propriétaire.
 Depuis 2001 c’est la galerie La Hune-Brenner qui, à Paris, présente ses nouvelles oeuvres… A laquelle s’ajoutent diverses galeries en France et à l’étranger.
   Aujourd’hui les oeuvres de Jean-Louis Guitard, considéré comme l’un des plus grands créateurs du dessin actuel, figurent dans de nombreuses collections privées non seulement dans l’hexagone, mais aussi aux Etats-Unis, en Italie, en Espagne, en Angleterre, en Belgique, au Brésil, en Suisse, au Canada, en Allemagne, en Australie, à Taïwan et au Japon.

   Parallèlement, Jean-Louis Guitard a écrit et composé plus de 900 chansons… Il continue d’écrire, de composer, et donne régulièrement des récitals dans lesquels il est seul en scène durant 1h30.
  De plus, dans le domaine de l’écriture, il compte à ce jour une trentaine de pièces de théâtre ainsi que des nouvelles et de très nombreux textes poétiques. Toute son expression repose sur les drames quotidiens présentés à travers une sorte d’éclat de rire constant fait de détachement et de dérision.
 
     
 Auteur du livre de poèmes "Noirs sourires" ( Éditions Hélices, 2011).

Par ERIC DUBOIS - Publié dans : poèmes - Communauté : LE CAPITAL DES MOTS
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